« Avec moi à la mairie, ils [les gens d’affaires] seront des partenaires », affirme la candidate à la mairie de Gatineau, Sylvie Goneau.

Rétablir la confiance des entrepreneurs

Les électeurs gatinois doivent montrer la porte au maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin, le 5 novembre prochain, pour rétablir le lien de confiance entre la Ville et ses principaux promoteurs, entrepreneurs et commerçants, estime la candidate indépendante à la mairie, Sylvie Goneau.

« Ce ne sont pas les politiciens ni les citoyens, qui construisent la ville et la vision, ce sont nos entrepreneurs et les promoteurs, a-t-elle expliqué en entrevue éditoriale avec Le Droit. Il faut un respect mutuel. Ça ne veut pas dire de leur donner carte blanche, mais avec moi à la mairie, ils [les gens d’affaires] seront des partenaires. »

Mme Goneau n’hésite pas à accuser le maire sortant de carrément s’ingérer dans le processus administratif et de faire de l’« abus de pouvoir » pour empêcher la réalisation de projets de développement domiciliaire ou commercial. Elle refuse toutefois de préciser des projets en particulier. « Des exemples, j’en ai vous n’avez pas idée, mais ces gens-là ne veulent pas sortir publiquement parce qu’ils ont peur des représailles du maire et de la fonction publique, dit-elle. C’est une culture malsaine qu’il faut stopper immédiatement. Le maire ne peut pas avoir autant de pouvoir que ça. » 

Mme Goneau soutient que le cabinet du maire a pris l’habitude de carrément « bloquer des projets » alors qu’ils cheminent dans la machine administrative de la Ville. Il ne revient pas aux politiciens de décider si un projet doit être analysé par la fonction publique ou non, ajoute-t-elle. « Chaque entrepreneur a droit à un traitement équitable et de présenter un projet s’il le souhaite, explique la candidate. C’est à la fin du processus que les politiciens ont un droit de parole. C’est inacceptable qu’un maire ait le pouvoir de bloquer des projets. Actuellement, le maire et son cabinet prennent trop de place et interfèrent dans le processus administratif. C’est de l’abus de pouvoir. »

Des millions qui dorment

Il y a pour plus d’un milliard de dollars de projets de développement qui attendent de pouvoir voir le jour dans le centre-ville, mais dont la réalisation est ralentie par l’administration Pedneaud-Jobin, soutient Mme Goneau. « Ce sont des projets qui rapporteront annuellement plus de 25 millions $ en revenus de taxes, dit-elle. La candidate reconnaît que les délais de construction et le crédit de taxes dans le centre-ville font en sorte que ces revenus ne seront cependant pas disponibles avant sept ou huit ans. «L’important, c’est que les promoteurs puissent mettre la pelle dans la terre», insiste-t-elle.

La seule alternative

Sylvie Goneau estime que la présente campagne électorale démontre clairement qu’elle est l’unique alternative à Maxime Pedneaud-Jobin. «Une campagne, ce n’est pas juste faire des promesses et serrer la main des gens comme le fait Denis Tassé, dit-elle. Ça fait des années qu’on ne fait plus de la politique comme ça. Il n’arrive pas à expliquer son cadre financier. Pour un homme d’affaires qui est en politique depuis 12 ans, je serais très triste de voir le résultat du récent sondage.»

Les électeurs doivent surtout comparer sa plateforme à celle d’Action Gatineau, insiste Mme Goneau. «Elles sont très différentes, aussi différentes que le maire sortant et moi sommes différents, ajoute la candidate. Nous n’avons pas les mêmes valeurs, on ne voit pas la façon de gérer la Ville et de travailler avec les collègues de la même manière. Notre vision sur le développement du territoire est complètement différente. Nous sommes aussi à l’opposé concernant le partenariat qu’on veut avoir avec l’entreprise privée.»

SYLVIE GONEAU SUR...

Le Burkina Faso

Sylvie Goneau reconnaît avoir fait quelques erreurs au cours de ses dernières années en politique municipale. La première qui lui vient en tête : la fois où, en janvier dernier, elle a mis tout son poids politique pour attirer la Ville de Gatineau dans un programme de développement au Burkina Faso. Elle s’est retrouvée complètement isolée à la table du conseil. « C’est difficile pour un être humain de se mettre devant la foule et dire oui, j’ai fait une erreur, dit-elle. Je suis authentique. J’ai mangé des coups à cause de ça, mais c’est correct. Les gens veulent être représentés par quelqu’un qui leur ressemble. » La candidate souhaiterait que le maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin, fasse preuve de la même humilité sur la place publique. « S’il y en a un qui a renié son rôle dans les échecs de la Ville, c’est bien le maire actuel, estime Mme Goneau. Ce n’est jamais de sa faute, dans aucun dossier. Faire de la politique moderne, c’est de démontrer son humanité, reconnaître ses erreurs et partager les succès. Le maire sortant a tendance à toujours se mettre à l’avant. Il faut laisser la place aux gens avec qui on travaille pour qu’ils s’expriment. »

L’espace politique

Il se fait peu de débats politiques à la table du conseil municipal, dénonce Sylvie Goneau. « On n’a pas d’espace pour ça, on est toujours en face de l’administration, les fonctionnaires sont toujours à la table, explique-t-elle. Il n’y a pas vraiment de lieu où on peut vraiment débattre et s’affronter comme on le fait en campagne électorale. L’espace pour s’exprimer politiquement n’existe pas à Gatineau. Il faut le créer. » Mme Goneau est d’avis que la refonte des comités et commissions doit permettre de dégager cet espace pour le débat politique sur les dossiers et enjeux de la Ville. « Il faut travailler sur les aspects administratifs des dossiers dans les comités et commissions, dit-elle, et permettre un vrai débat politique à la table du conseil. Pas une discussion, toujours en présence de la directrice générale qui est en train de défendre son équipe. Quand je le faisais, je passais pour une personne négative, qui ne travaille pas en équipe et qui refuse de collaborer. »

Les coupures de postes

Sylvie Goneau est décidée à recourir à l’attrition pour couper des postes dans la fonction publique gatinoise. Environ 200 sur une période de quatre ans pour dégager 18,9 millions $ dans l’appareil municipal. Elle affirme vouloir le faire en collaboration avec la haute direction. Mme Goneau a refusé de préciser si elle avait confiance en l’actuelle directrice générale, Marie-Hélène Lajoie, pour mener à bien son plan d’attrition. La candidate à la mairie ne veut pas perdre de temps. Elle veut couper l’équivalent de 4,5 millions $ de postes dès 2018. « Ce n’est pas une question de vote de confiance, mais je demande des changements en profondeur dans la façon de travailler, précise Mme Goneau. Par respect pour la directrice générale, je vais attendre de voir si elle est à l’aise avec mon plan d’attrition parce que c’est elle qui sera la première en ligne de front pour réaliser ce changement. »