Réseau routier gatinois: pas toujours les bons travaux au bon moment

La Ville de Gatineau gagnerait à accroître son expertise interne et à mieux planifier les travaux sur son réseau routier en fonction de l’état de la chaussée, révèle le plus récent rapport de la vérificatrice générale, Johanne Beausoleil.

Mme Beausoleil a rendu public, mardi, son rapport annuel 2018, dont une section est consacrée au « volet conception et construction de la gestion de la pérennité des chaussées ». 

La vérificatrice générale y souligne notamment que Gatineau doit entretenir « près de 1400 kilomètres de routes ».

Son analyse permet notamment d’apprendre que dans 34,4 % des « interventions en chaussées » réalisées en 2016 et 2017, les travaux n’ont pas été faits selon ce que dicte un indice reconnu d’évaluation de l’état des routes.

La vérificatrice générale, Johanne Beausoleil

« En conséquence, les types d’intervention d’entretien réalisés ne respectent pas toujours le niveau de dégradation des chaussées, affectant ainsi la durabilité des travaux et les investissements requis », précise le rapport de Mme Beausoleil.

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La vérificatrice générale a expliqué que cette situation découle « principalement » des travaux souterrains réalisés « au niveau des aqueducs et des égouts », qui impliquent chaque fois une réfection de la chaussée.

Johanne Beausoleil estime donc que même si ce n’est « pas toujours possible », la Ville gagnerait à « faire un meilleur arrimage entre les travaux en souterrain et les travaux sur la chaussée », afin de faire les bons travaux au bon moment.

Il a également été décelé que « plusieurs interventions en chaussées ne respectent pas les dates butoirs de pose d’enrobés bitumineux recommandés par le ministère des Transports du Québec et le devis de la Ville ».

Expertise interne

L’audit réalisé par le Bureau de la vérificatrice générale souligne aussi que la Ville de Gatineau « dépend en grande partie de consultants externes pour la réalisation d’études, pour la conception des chaussées, pour la réalisation des plans et devis et pour la surveillance des travaux ».

Cette situation découle entre autres de la « perte d’expertise interne » connue au cours de la dernière décennie au sein de l’appareil municipal.

Or, avec une plus grande expertise au sein de ses effectifs, Gatineau pourrait « réduire les coûts des projets planifiés » et « déceler certaines erreurs de conception », note Mme Beausoleil.

La vérificatrice générale a fait savoir que sa plus récente analyse « n’a pas permis de quantifier les économies » potentielles d’un accroissement de l’expertise interne. 

D’autres vérifications sont prévues « dans les années à venir », et un tel calcul pourrait « probablement » être fait, a-t-elle indiqué.

Le conseiller Mike Duggan, qui préside le comité de vérification, a souligné que la pénurie d’ingénieurs représente « un grand défi » nécessitant le recours à des firmes externes. 

« Mais en même temps, il faut toujours des employés de la Ville qui sont imputables pour surveiller les travaux et les projets, pour être certains qu’on en a pour notre argent et [que les travaux soient] aux normes », a-t-il mentionné.