Sur la Saint-Louis à Gatineau, les résidents continuent le combat malgré un moral à la baisse. Par contre, on constate également une baisse du niveau de l'eau.

Répit de crue et répit financier

La Ville de Gatineau donne un répit financier aux sinistrés toujours pris en plein coeur d'une crise qui, malgré le retrait progressif de l'eau, est loin d'être terminée.
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a annoncé mercredi qu'un souci financier sera enlevé des épaules des sinistrés avec le report du paiement de leur deuxième versement des taxes municipales de 2017, dû pour le 30 juin. Le montant sera réparti à parts égales aux deux versements de 2018.
« On est aussi en train de voir ce qui peut être fait pour que l'évaluation municipale - la prochaine, qui est en cours - reflète les conséquences des inondations pour les sinistrés », a ajouté le maire. Les nouvelles évaluations pourraient aussi « avoir un impact » sur le compte de 2017, mais cela reste à déterminer.
L'eau a continué de baisser « partout ». Dans les secteurs Hull et Masson-Angers, la baisse est d'environ 15 centimètres par jour, tandis qu'elle est de trois centimètres par jour à Aylmer, où la rivière est plus large.
« On s'attend à de la pluie en fin de semaine, mais selon les indications, ce ne serait pas significatif, a fait savoir M. Pedneaud-Jobin. Ce n'est pas le genre de pluie qui peut nous faire repartir dans le mauvais sens. [...] C'est rassurant pour tout le monde. »
Le maire a de nouveau rappelé aux citoyens d'éviter de s'aventurer sur les artères ayant été inondées. « Quand c'est écrit circulation locale seulement, il y a une raison. [...] Par exemple, il y a des rues qui peuvent être gorgées d'eau, qui sont capables de prendre un peu de circulation, mais pas trop. »
Des tournées se poursuivent pour détecter les risques de mouvement de masse et évaluer la solidité des artères touchées. L'usine d'épuration des eaux usées « n'est plus menacée » par la pression venant de la crue, a aussi indiqué le maire.
La Ville a également tenu à rassurer les citoyens qui aperçoivent des « tourbillons d'eau ». « Ce sont nos égouts pluviaux qui commencent à faire le travail, donc ça fait partie des bonnes nouvelles », a expliqué M. Pedneaud-Jobin.
Grande corvée de solidarité
Les autorités municipales préparent une « grande corvée de solidarité », activité pour laquelle la participation de bénévoles de 16 ans et plus sera sollicitée afin de ramasser les dizaines de milliers de sacs de sable sur les terrains des sinistrés. « On va être capable de faire ça uniquement dès que les eaux vont avoir quitté et qu'on va avoir sécurisé la chaussée, a indiqué Maxime Pedneaud-Jobin. On sait qu'il y a beaucoup de gens qui sont impatients d'aider leurs voisins, d'aider leur famille et de continuer cet élan spectaculaire de solidarité, mais on veut prendre le temps de bien faire les choses, parce qu'on sait qu'au niveau de la logistique, ça va être un défi. La Ville va communiquer les renseignements officiels dès qu'on peut. »
D'ici là, les sinistrés qui sont en mesure de commencer certains travaux chez eux sont invités à placer leurs sacs de sable et les matériaux de construction abîmés sur leur terrain, et non dans la rue. Les autorités municipales souhaitent aussi se constituer une réserve d'environ 100 000 sacs vides, qui seront ainsi prêts à être remplis rapidement, en cas de besoin, par une ensacheuse récemment acquise par la Ville.