Vue aérienne du 1415, rue Saint-Louis

Remblai jugé illégal sur St-Louis

L’homme d’affaires et propriétaire du concessionnaire d’automobiles Toyota Gatineau, Normand Poirier, s’est fait pincer par le ministère de l’Environnement du Québec, en 2014, pour avoir illégalement fait des travaux de remblai en zone inondable à divers endroit sur son terrain du 1415, rue Saint-Louis.

Le Droit a appris que M. Poirier a été visé par deux avis de non-conformité de la part du ministère en juin et août 2014. Il a été condamné à une sanction administrative et pécuniaire de 5000 $ en septembre de la même année. M. Poirier a contesté cette condamnation et a fait une demande de réexamen de son dossier. Le ministère de l’Environnement a officiellement décidé de maintenir sa sanction le 6 octobre 2017.  

Quelques minutes après que Le Droit ait interpellé M. Poirier à cet effet, l’avocat de ce dernier, Me Anthony Robert, a contacté le représentant du journal, en fin d’après-midi, mardi, pour préciser que son client portait sa cause en appel devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ). « Nous considérons que le ministère de l’Environnement n’a pas juridiction pour assujettir un requérant à demander un certificat d’autorisation pour faire du remblai sur un terrain visé par un développement », a-t-il indiqué.  

Ce terrain situé en bordure de l’autoroute 50 est aujourd’hui au cœur d’un important débat politique à la Ville de Gatineau. Le promoteur souhaite obtenir un changement au schéma d’aménagement qui lui permettrait de déménager son concessionnaire d’automobiles à cet endroit et d’éventuellement y construire plusieurs autres bâtiments commerciaux. Les élus sont divisés sur cette question depuis la fin de l’ancien mandat. Le dossier qui devait faire l’objet d’un vote lors du conseil du 21 novembre dernier a d’ailleurs été remis à la séance de mardi prochain. Un report de trop pour le promoteur qui vient de déposer une poursuite d’un demi-million de dollars contre la Ville de Gatineau pour éponger ce qu’il estime être des pertes de revenus. 

Des images satellites que nous reproduisons aujourd’hui dans nos pages démontrent que des travaux de remblai ont été effectués en 2008 et en 2013 à différents endroits sur le terrain de M. Poirier. 

Ces images démontrent les travaux de remblai qui ont été effectués sur le terrain.

Selon nos informations, une visite sur le site effectuée par des agents du ministère en mai 2014 a permis de découvrir du remblai de roches et de terre au nord-ouest et à l’est du site. 

Une deuxième et une troisième visite réalisées les 11 et 24 juillet ont cette fois permis aux agents de trouver que d’autres travaux de remblai avaient été effectués dans la portion nord du site.

Ces travaux de remblai sont situés tout juste à proximité du ruisseau Moreau qui a tendance à sortir de son lit lors des périodes de crues. Le terrain du 1415, rue Saint-Louis s’est d’ailleurs transformé en véritable lac le printemps dernier. 

« Très relatif »

Normand Poirier n’a pas caché son malaise face à l’impact que ce dossier pourrait avoir sur l’image corporative de son entreprise. « Il faut comprendre que c’est une sanction qui est très minimale, dit-il. C’est pratique courante d’avoir du remblai pour développer des projets. Nous n’avons fait que suivre ce qui se fait à la grandeur du Québec et surtout à Gatineau, je peux vous le dire. »

Le promoteur explique avoir tous les droits pour étendre de la terre sur son terrain chaque année afin qu’il demeure sec et pour « bien desservir les clients » du champ de pratique de golf. Quant aux avis de non-conformité pour le remblai en bordure du ruisseau Moreau, M. Poirier les juge très relatifs. « Le ministère a toléré la même chose pour d’autres commerces autour, assure-t-il. Le gros projet du Walmart, de l’autre côté, a eu besoin d’au moins huit pieds de remplissage sur un terrain bien plus grand que le mien. Ça n’a pas affecté personne. Notre projet respecte la loi et est respectueux de l’environnement. Le peu de remblais qu’il y a eu est du remblai de qualité. »