Les citoyens auront l’occasion de donner leur opinion sur l’utilisation des édifices de la E.B. Eddy.

Réflexion sur une nouvelle vocation pour les édifices E.B. Eddy

Les citoyens de l’Outaouais auront une occasion historique, jeudi, en près de 150 ans d’histoire, de partager leur avis sur l’utilisation future à privilégier pour les édifices de la E.B. Eddy dans le Vieux-Hull.

Érigé au milieu du 19e siècle, l’ensemble industriel d’E.B. Eddy est le seul en Amérique du Nord à avoir été construit en pierre et à être encore debout aujourd’hui. Il fait partie du paysage de la région depuis toujours, mais jamais le public n’a pu y avoir accès. Les choses sont peut-être appelées à changer puisque son nouveau propriétaire, Windmill, a énoncé sa volonté de les rénover et de les intégrer au projet résidentiel et commercial Zibi.

C’est d’ailleurs à la demande du promoteur que le Réseau du patrimoine de Gatineau et de l’Outaouais (RPGO) organise, jeudi après-midi, une grande réflexion sur l’avenir de ces bâtiments qui ont été protégés par la Loi sur le patrimoine culturel après le long combat mené par l’historien Michel Prévost dans les années 1990.

Ce dernier sera sur place afin de rappeler ce qui a mené le gouvernement à protéger ces bâtiments, mais seront aussi présents des représentants du ministère de la Culture du Québec, de la Ville de Gatineau, des historiens, des archéologues et des représentants du projet Zibi. Les citoyens interpellés par ce dossier sont aussi invités.

« On voit ça comme le début d’un dialogue et la démonstration d’une volonté du promoteur de consulter le milieu du patrimoine, indique Louis-Antoine Blanchette, directeur général du RPGO. Zibi a une obligation légale envers ces bâtiments puisqu’ils sont protégés, mais on sait aussi qu’il y a un enjeu structurel important. Les bâtiments ont été endommagés à la fin des années 1980. Les entrepreneurs ont utilisé un mauvais mortier dans des travaux de réfection et maintenant, ce n’est plus très solide.

Selon M. Blanchette, le promoteur agit de manière consciencieuse en prenant le temps d’interpeller tous ceux qui ont un intérêt envers ce site historique.

«Personne ne veut revivre le psychodrame du Quartier-du-Musée, dit-il. On ne veut surtout pas être des spectateurs alors que va se jouer l’avenir de ces bâtiments ancrés dans l’identité gatinoise et de tout l’Outaouais.»

Quant à savoir quelle utilisation pourrait être réservée aux vieux bâtiments de la E.B. Eddy, M. Blanchette affirme qu’il est encore trop tôt pour le savoir. «Nous, au RGPO on verrait bien ce lieu accueillir le futur musée régional de l’Outaouais, dit-il. Je sais aussi qu’il y a eu des approches faites par ABC Stratégies pour leur projet de musée fluvial. Il faut toutefois que ce lieu demeure public et mette en valeur notre patrimoine régional. C’est un endroit de choix pour un projet structurant. Il faut préserver, restaurer, mettre en valeur ces bâtiments et leur trouver une nouvelle vocation. C’est bien d’avoir des monuments classés patrimoniaux, mais c’est encore mieux quand on fait quelque chose avec.»

Les discussions s’amorceront à 13 h, jeudi, au 40, rue Jos-Montferrand.