En pleine campagne électorale, les chefs des trois principaux partis ont rencontré les maires des grandes villes, vendredi, lors du Sommet sur le milieu municipal.

Reconnaissez nos compétences, clame Pedneaud-Jobin

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) soutient que le cadre législatif qui entoure les municipalités est dépassé et réclame davantage d'autonomie au gouvernement du Québec, un point de vue partagé par le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.
C'est la principale demande formulée durant le Sommet sur le milieu municipal qui se tenait ces derniers jours à Québec. Pauline Marois, Philippe Couillard et François Legault se sont rendus à Québec pour présenter la réponse de leur parti aux enjeux soulevés par l'UMQ qui comprenaient également la situation des régimes de retraite et le rattrapage nécessaire au niveau des infrastructures municipales.
Le maire de Gatineau appuie sans réserve les propositions de l'UMQ et croit que ça permettrait à Gatineau de faire plus avec l'argent dont elle dispose actuellement.
«On fait de 30 à 40 règlements d'emprunt par année [...] et dans tous les cas, il y a quelqu'un à Québec qui doit approuver. C'est administrativement complexe, et même un peu absurde. On est très bien capable de gérer notre dette, elle l'est mieux que celle [du gouvernement du] Québec.»
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a quant à lui indiqué qu'une «révolte» des contribuables était possible si les municipalités n'obtenaient pas davantage d'autonomie.
Une charte municipale
La proposition de l'UMQ en matière d'indépendance des municipalités se retrouve dans la Charte des municipalités. Si elle était acceptée par Québec, cette charte donnerait certains champs de compétences aux villes. Comme le souligne Maxime Pedneaud-Jobin, les municipalités, selon la législation actuelle, sont considérées comme des administrations. Elles doivent demander des permissions au gouvernement chaque fois qu'un projet sort du cadre de la loi.
«Reconnaissez-nous une sphère de compétence, et à l'intérieur de ça, achalez-nous pas et laissez-nous travailler. L'aménagement du territoire, on sait comment faire ça. Le transport, on peut se débrouiller. On est capable de gérer des bibliothèques et des institutions sportives sans demander à Québec constamment.»
L'UMQ estime aussi que l'autonomie des municipalités passe par une réforme fiscale et une moins grande dépendance envers la taxe foncière. M. Pedneaud-Jobin a profité du Sommet pour mousser l'idée dont il a fait la promotion durant la dernière campagne électorale. Il réitère qu'offrir 1% de la TVQ aux villes permettrait de les rendre plus indépendantes.