En 2013, par exemple, les contribuables ont déboursé 8000 $ pour que la STO puisse souligner Noël au sein de son organisation.

Rapibus: les usagers mécontents chiffrent leurs pertes

Les usagers mécontents de l'implantation du Rapibus passent à l'attaque et présentent une étude qui conteste l'argumentaire de la Société de transport de l'Outaouais (STO) sur l'efficacité de sa voie réservée aux autobus.
Ce document de 167 pages contient notamment les résultats du sondage diffusé sur le www.lentibus.ca, au mois de novembre. D'emblée, les auteurs de l'étude, Marc Séguin et Sylvie Daigneault, reconnaissent que leur démarche n'est pas scientifique. L'échantillon n'est pas aléatoire et le questionnaire ne s'adressait qu'aux anciens utilisateurs des lignes express frustrés par la perte de ce service.
«On n'avait pas les moyens de commander une étude scientifique, souligne Mme Daigneault. On pense tout de même que ça démontre assez clairement qu'on est plusieurs à perdre plus de temps qu'avant avec l'arrivée du Rapibus.»
Le questionnaire a rejoint 1313 répondants, une masse critique suffisante pour dégager certains constats, croient les deux auteurs de l'étude, tous deux économistes. Parmi les répondants, le taux d'abandon du transport en commun est de 24%. En moyenne, le temps de déplacements quotidien de ces anciens usagers des lignes express à l'est de la rivière Gatineau a augmenté de 41 minutes.
Les deux auteurs de l'étude estiment avoir fait la démonstration que le temps, c'est de l'argent. En mettant plus de temps à voyager du travail à la maison, les frais pour les services de garde augmentent pour les usagers qui ont des jeunes enfants, une moyenne de 79,41$ chaque mois.
«Repenser le réseau»
Sylvie Daigneault et Marc Séguin reconnaissent que le Rapibus et les trajets actuels peuvent bien desservir une partie des usagers. Ils sont tout de même inquiets de voir quelques centaines d'usagers abandonner le transport en commun. Les plus importantes conséquences, à leur avis, seront dans la quête pour attirer de nouveaux utilisateurs.
Afin de remédier à la situation, les auteurs de l'étude y vont de leurs propositions. «Le Rapibus est là pour rester, mais il faut complètement repenser le réseau», soutient Mme Daigneault, qui reconnaît la démarche de révision de la gestion entamée par la STO en février.
Les auteurs de l'étude estiment que le système de rabattement est inefficace et cause de la frustration, surtout lors du retour à la maison. Ils croient que la STO devrait retourner à ce qui était dans les cartons en 2004. À l'époque, on suggérait de conserver les lignes existantes le plus possible et de les arrimer au corridor du Rapibus lorsque ça permet une économie de temps.
Mme Daigneault et M. Séguin ont également fouillé dans les études qui ont précédé la mise en oeuvre du Rapibus. Ils soutiennent que la STO a pipé les dés en faveur du Rapibus. L'étude avantages-coûts est basée sur l'offre de transports de 2001, et ce jusqu'en 2035.
«Il n'y avait pas encore de boulevard des Allumettières à l'époque. La STO a augmenté artificiellement la valeur de son option. Sans nouvelles infrastructures en transport et une croissance démographique, c'est sûr que le Rapibus devenait avantageux. Tout économiste dirait que ça n'a pas de bon sens.»