La mise en service du nouveau tronçon Labrosse-Lorrain du Rapibus est retardée d’au minimum un an.

Rapibus Labrosse-Lorrain: pas de service avant 2022

La mise en service du nouveau tronçon Labrosse-Lorrain du Rapibus est retardée d’au minimum un an, la Société de transport de l’Outaouais (STO) étant toujours en attente d’obtenir un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC).

L’inattendue nouvelle a été annoncée par la présidente du transporteur public, Myriam Nadeau, en fin de journée jeudi.

Puisque les travaux de construction de cette voie rapide de 2,8 kilomètres exclusivement réservée aux autobus doivent en principe s’étaler sur deux périodes estivales complètes, c’est donc dire que les véhicules bleu et vert de la STO n’y circuleront pas avant 2022. 

Ce certificat doit être délivré parce que le Rapibus passera dans le parc du Lac-Beauchamp, un site identifié comme un milieu écologique comprenant plusieurs espèces végétales et animales.

«Les travaux ne pourront pas procéder tel qu’on l’anticipait et qu’on le souhaitait, pour cet été, étant donné qu’on n’a toujours pas reçu le certificat du ministère. Il faut comprendre que le tronçon Labrosse-Lorrain va passer à travers le parc du Lac-Beauchamp. Il s’agit d’un endroit où on sait qu’il y a des milieux humides, une zone de tourbière, une biodiversité quand même importante. Le certificat d’autorisation, on ne l’a toujours pas, nous sommes en discussion avec le ministère concernant les mesures de mitigation pour être capable de mettre de l’avant le projet», a commenté Mme Nadeau, ne cachant pas qu’il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour la STO. 

C’est en octobre dernier que la STO a cogné à la porte de Québec pour mettre la main sur ce document primordial. 

Même si le calendrier est chamboulé, Myriam Nadeau demeure relativement optimiste pour la suite des pourparlers. 

«C’est un tronçon qu’on attend depuis longtemps. [...] Là, on veut le réaliser le plus rapidement possible, donc effectivement, ce n’est pas le scénario dans lequel on anticipait se retrouver en date d’aujourd’hui. [...] On sent qu’on a un partenaire qui est à l’écoute, avec qui on travaille. Le premier ministre Legault a réitéré la fin de semaine dernière encore qu’il s’agit d’un projet prioritaire pour lui, alors on est rassurés. Maintenant, il faut continuer le travail pour qu’il se réalise le plus rapidement possible, de façon conjointe et serrée avec le ministère», soutient l’élue, refusant de spéculer sur un échéancier advenant qu’il y ait un autre retard dans le futur. 

Le parachèvement du Rapibus à l’est du territoire gatinois devait au départ être complété au cours de l’été 2021. 

Ce nouveau tracé comptera deux stations, l’une aux abords du lac Beauchamp et l’autre en bordure du boulevard Lorrain. La construction de cette dernière, entamée depuis plusieurs mois, va d’ailleurs bon train. La STO rappelle que cette station, qui comprendra un stationnement de 200 places, pourra être utilisée dès l’automne même si le Rapibus n’est pas encore en opération. Des modifications de service sont prévues et permettront de transporter les usagers de ce stationnement jusqu’à la station Labrosse.

«Pour nous, c’est quand même un actif important pour la desserte, entre autres pour quand même enlever de la pression sur le parc-o-bus Labrosse», lance Myriam Nadeau. 

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’était dit irrité par de tels délais, en janvier dernier, affirmant qu’au bout du compte, la facture est plus salée pour tout le monde. 

«Il faut garder de la rigueur quand on traite d’environnement, mais ça ne doit pas vouloir dire des délais indus. On sait que ça peut être long», avait-il déclaré. 

Le coût du projet est évalué à 35,5 millions $. L’ancien gouvernement libéral avait accordé une enveloppe provinciale de 26,5 M$ (75 %) au printemps 2018. 

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, n’était pas disponible jeudi soir pour réagir, son cabinet préférant laisser le MELCC commenter pour l’instant. 

L’attaché de presse du ministre de l’Environnement, Benoît Charette, a simplement indiqué que «[le ministre] prend note de cet ajustement et travaille déjà, avec le ministère et la ville, à trouver les mesures de mitigation appropriées pour ce projet.»

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Congestion routière : «C’est du jamais vu»

Les entraves sur le réseau routier continuent d’avoir des impacts majeurs sur le réseau de la Société de transport de l’Outaouais (STO). 

«On est vraiment dans une situation que je qualifierais encore de plus exceptionnelle que celle qu’on a connue durant les inondations, compte tenu de tous les travaux qu’il y a sur le réseau. On l’a vu ce matin (jeudi). C’est du jamais-vu sur le réseau et on en est très conscient. On s’adapte du mieux qu’on peut et des décisions sont prises au fur et à mesure que l’heure de pointe avance, à la lumière de comment le réseau se comporte. On est conscient que c’est très difficile. On a beaucoup de sollicitude pour nos usagers et nos chauffeurs en ce moment», de dire la présidente Myriam Nadeau. 

Le directeur général Marc Rousseau soutient que des retards allant jusqu’à 30 minutes sont dénotés ces derniers temps sur certains trajets, particulièrement au retour du centre-ville d’Ottawa. 

Il précise que la situation risque bien d’être pire lors de la rentrée, au début septembre. 

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Collecte de fonds pour les sinistrés

À la suite d’une collecte de fonds pour les sinistrés des inondations organisée du 14 au 16 mai auprès dans ses autobus, la Société de transport de l’Outaouais (STO) a remis jeudi un montant de 35 583$ à la Croix-Rouge.

Durant ces trois jours, tous les paiements en argent comptant étaient versés à l’organisme, sans compter les dons volontaires de la clientèle.

Une telle initiative avait aussi été mise en place par transporteur public lors de la crue printanière historique de 2017 et de la tornade ayant ravagé le secteur Mont-Bleu en 2018.