Maxime Pedneaud-Jobin annonce une aide financiere pour les familles qui veulent s'installer sur l'Île de Hull.

Ramener les familles dans le «Vieux»

La Ville de Gatineau est consciente qu'elle n'arrivera pas à revitaliser son centre-ville uniquement qu'en y bonifiant l'offre culturelle ou en favorisant l'implantation de nouveaux commerces de proximité, mais que c'est avec des gens qu'elle y arrivera, plus particulièrement avec des familles qui choisiront l'Île de Hull comme lieu d'enracinement.
C'est pourquoi la commission permanente sur l'habitation (CPH) a lancé une offensive, vendredi, qui, espère-t-elle, fera écarquiller les yeux d'éventuels premiers acheteurs et des familles avec au moins un enfant. La Ville de Gatineau offrira jusqu'en décembre 2019 une subvention de 5000 $ pour un premier acheteur et de 7500 $ pour une famille qui fera l'acquisition d'une résidence dans le centre-ville. Les bénéficiaires du programme devront occuper leur maison pendant au moins trois ans. Gatineau souhaite attirer 45 nouveaux ménages dans le centre-ville grâce à ce programme.
« J'ai l'intime conviction qu'un centre-ville fort, vivant et dynamique commence par des gens qui s'y enracinent et y vivent au quotidien, a lancé la présidente de la CPH, Myriam Nadeau. Pour avoir un centre-ville vivant, ça prend des gens qui y vivent, des familles qui y bâtissent leur vie et y investissent de l'énergie. »
Actuellement, 78 % des ménages sur l'Île de Hull sont des locataires. Selon la conseillère du quartier, Denise Laferrière, ce nouveau programme d'accès à la propriété est un autre outil qui vient s'ajouter aux nombreux efforts mis de l'avant par l'administration municipale pour densifier le centre-ville. 
Le spectre des années 1970 continue toutefois de planer sur le quartier. La destruction d'une grande partie du quartier pour faire place à des édifices à bureaux du fédéral a eu un impact important sur l'offre résidentielle. Plusieurs maisons ont par la suite été subdivisées pour en faire des plus petits logements, si bien qu'aujourd'hui, seulement 20 % du parc immobilier répond adéquatement aux besoins d'une famille, a noté Mme Laferrière. 
C'est en partie pour cette raison que la Ville de Gatineau permet aux bénéficiaires du programme d'accès à la propriété de se prévaloir d'un accès direct au programme de rénovation domiciliaire. Cela peut représenter une subvention additionnelle de 6250 $ à 20 000 $ permettant de faire des travaux. 
« La différence est la norme »
Afin de rassurer les parents qui s'inquiéteraient de la qualité des institutions scolaires du quartier qualifié par Québec de secteur défavorisé, le directeur des écoles Notre-Dame et Saint-Rédempteur, Stéphane Desjardins, a voulu se faire rassurant, mais surtout convaincant. Ses écoles, dit-il, sont carrément des bijoux. 
« Dans nos deux écoles, le ratio est de 20 élèves par enseignant, a-t-il indiqué, en faisant référence au ratio de 25 ou 27 élèves dans la plupart des autres écoles primaires de Gatineau. «Parce que nous sommes dans un quartier défavorisé, nos élèves ont un accès beaucoup plus grand aux orthopédagogues, aux techniciens en éducation spécialisée et aux orthophonistes, a-t-il souligné. Nous avons de très nombreuses activités sportives et culturelles. Nos écoles permettent d'exposer les enfants à une très grande variété d'activités dans un milieu ou la différence est la norme et ça, c'est un avantage très riche. Nos écoles sont des milieux scolaires parfaits pour grandir et s'épanouir.»