Un peu plus de 4900 constats d’infraction ont été remis à des automobilistes avec le radar photo fixe à l’angle des boulevards Maisonneuve et Sacré-Cœur.

Radar photo fixe à Gatineau: un demi-million $ en six mois

Pendant que les radars photo mobiles continuent de tourner au ralenti à Gatineau, le seul radar fixe sur le territoire de la ville a quant à lui permis au gouvernement d’engendrer pas moins d’un demi-million $ en six mois dans ses coffres.

Pour la période comprise entre le 1er août et le 31 janvier dernier, le cinémomètre fixe installé à l’intersection des boulevards Maisonneuve et Sacré-Cœur a récolté une somme de 531 524 $. Le tout représente un peu plus de 4900 constats d’infraction remis à des automobilistes au pied trop pesant, soit 27 en moyenne par jour. Depuis sa mise en service à l’été 2016, l’appareil a généré des revenus de 1 827 000 $. Il s’agit toujours du huitième radar photo fixe le plus lucratif à travers la province. Les 22 appareils de ce type au Québec ont récolté un montant surpassant 81 millions $.

Les choses n’ont pratiquement pas bougé pour les quatre radars photo mobiles, qui peuvent être déployés en alternance sur 21 sites sur le territoire gatinois, si l’on se fie aux statistiques publiées sur une base mensuelle par le ministère de la Justice du Québec. En août dernier, Le Droit rapportait que ces appareils n’avaient rapporté aucun nouvel argent dans les coffres de l’État depuis le printemps 2017, n’ayant pas repris du service à la suite du jugement rendu par la Cour du Québec en novembre 2016 en lien avec la validité de la preuve.

Selon les plus récents chiffres compilés par le ministère de la Justice, qui font référence aux constats dont la transmission au défendeur est réussie, à peine 1600 $ ont été cumulés par ces appareils mobiles depuis août. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) indiquait pourtant que ce n’était qu’une question de temps « avant que la tendance se renverse ». Le ministre de l’époque, André Fortin, se disait confiant que les radars photo recommencent à opérer pleinement à court et moyen terme.

Les explications du MTQ

Or, le MTQ indique qu’une hausse notable du nombre de constats signifiés est observée depuis novembre dernier et qu’il peut y avoir un délai de quelques mois entre l’infraction captée par l’appareil et la délivrance de la contravention à l’usager de la route concerné.

« Cette augmentation découle de la mise en place d’une solution informatique, à la fin du mois d’octobre, permettant d’automatiser certaines étapes du traitement de la preuve. Le nombre de constats signifiés devrait continuer d’augmenter, au cours des prochains mois, lorsque de nouvelles fonctionnalités informatiques seront implantées et que du personnel supplémentaire aura été embauché et formé », a répondu par écrit la porte-parole du MTQ, Émilie Lord, ajoutant que la seule présence d’appareils et de signalisation en bordure de la route a une incidence positive sur le comportement des gens.

Le MTQ précise que divers gestes ont été posés pour que le traitement des dossiers d’infraction retrouve son rythme habituel, par exemple l’adoption de la Loi modifiant le Code de la sécurité routière et d’autres dispositions en avril 2018, dont les dispositions « entrent graduellement en vigueur ».

Mme Lord soutient également que ce sont les policiers qui déterminent les priorités de traitement des constats et que ceux-ci ont le pouvoir d’installer des radars photo mobiles dans les zones scolaires ou de construction.

« Au cours des prochains mois, la mise en place d’autres fonctionnalités informatiques ainsi que la continuation des processus d’embauche devraient permettre aux policiers de modifier les priorités de traitement afin d’intégrer une portion plus significative de constats d’infractions pour les emplacements surveillés par des appareils mobiles », dit le ministère.

La caméra au feu rouge installée elle aussi à l’intersection des Maisonneuve et Sacré-Cœur a quant à elle permis de décerner 207 constats additionnels au cours des six derniers mois, si bien que la somme totale recueillie à cet endroit depuis deux ans et demi s’élève à 58 000 $.