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Une trentaine de locataires du 680 boulevard Saint-Joseph doivent évacuer temporairement leur logement mercredi.
Une trentaine de locataires du 680 boulevard Saint-Joseph doivent évacuer temporairement leur logement mercredi.

Quelques heures pour quitter un logement pour des locataires de Gatineau

Claudia Blais-Thompson
Claudia Blais-Thompson
Le Droit
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En moins d’une semaine, le Groupe Dumont se retrouve à nouveau dans l’eau chaude pour sa gestion d’immeubles à logements. Après les rénovictions du 200, boulevard Cité-des-Jeunes, c’est maintenant environ 30 locataires du 680, boulevard Saint-Joseph, à Gatineau, qui n’ont eu que quelques heures pour quitter temporairement leur logement afin de permettre au propriétaire de l’immeuble d’appliquer un insecticide de façon préventive.

Selon un courriel adressé entre autres à la députée de Hull, Maryse Gaudreault, et dont Le Droit a obtenu copie, un représentant du Groupe Dumont a remis un avis aux résidents concernés lundi après-midi demandant de quitter leur logement mercredi. Ceux-ci ne pourront pas réintégrer leur appartement pour une durée minimale de six heures. Quant aux résidents qui souffrent de maladies pulmonaires, d’allergies ou d’asthme, ils ne pourront pas retourner chez eux avant une période d’au moins 24 heures.

Cet avis, qui toucherait une vingtaine de logements, a fait sourciller l’élue libérale. Elle estime que le propriétaire du Groupe Dumont devrait faire preuve de « délicatesse » et de « prévisibilité », en plus de considérer le contexte pandémique avant de lancer l’exercice de fumigation.

Le 680 boulevard Saint-Joseph, dans le secteur Hull, est la propriété du Groupe Dumont.

« On est en pleines mesures d’urgence sanitaires, rappelle Mme Gaudreault. Il annonce une température épouvantable. Les gens se tournent vers leur député parce qu’ils ne savent plus vers qui se tourner, parce que la situation est problématique. Ça démontre la détresse des locataires. […] Tout ça pour une situation de prévention. Je pense qu’on devrait considérer remettre cet exercice à un peu plus tard, au cours des prochaines semaines. »

Un homme, dont les parents âgés de 75 et 76 ans sont locataires à cet endroit, a déploré la situation et s’est dit inquiet pour les autres résidents de cet immeuble de plus de 150 logements. Compte tenu de la pandémie et des mesures sanitaires mises en place pour freiner la transmission de la COVID-19, il juge cette expulsion « forcée » inacceptable.

Des histoires comme celles-ci sont monnaie courante depuis quelque temps, admet Mme Gaudreault. « C’est la première fois que je reçois autant de plaintes de locataires. » C’est pourquoi, cette fois-ci, elle fait appel au Groupe Dumont pour « respecter la quiétude des locataires », en soulignant que l’exercice de fumigation prévu au 680, boulevard Saint-Joseph se fait à titre préventif.

L’avis de la santé publique
Mis au fait de la situation, des responsables de la santé publique en Outaouais auraient discuté et envoyé un courriel au propriétaire du Groupe Dumont afin de lui recommander d’attendre « la levée des mesures d’urgence spéciales », en vigueur jusqu’au 2 mai, pour procéder à l’application de l’insecticide.

« Considérant la situation épidémiologique de notre région, en particulier à Gatineau, ainsi que les mesures et directives gouvernementales en vigueur, il est difficilement envisageable que cette vingtaine de logements (+ou- 30 personnes) doive quitter leur appartement pour au moins 6 heures consécutives, suivant l’application, voire même 24 heures, pour les résidents qui souffrent de conditions pulmonaires, d’allergies, d’asthme », a écrit la santé publique.

Le Groupe Dumont n’a pas répondu aux demandes d’entrevues du Droit.