Des déchets déposés ici et là sur le territoire gatinois seraient chose du passé puisque la Ville pourrait ajouter quatre collectes de plus à compter de 2019.

Quatre collectes d'encombrants de plus recommandées à Gatineau

La commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement de Gatineau recommandera au conseil municipal d’ajouter quatre nouvelles collectes d’encombrants en 2019, portant ainsi le nombre de collectes à huit. Cet ajout pourrait représenter une dépense supplémentaire de 400 000 $, a fait savoir la présidente de la commission, jeudi, Maude Marquis-Bissonnette.

L’implantation du nouveau Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR), en juillet dernier, ne s’est pas faite sans heurt. La réduction de 26 à quatre collectes d’encombrants par année a soulevé beaucoup de grogne de la part des citoyens et fait apparaître environ 1400 sites de dépotoirs sauvages aux quatre coins de la ville, notamment près des multilogements et des boîtes de dons d’organismes communautaires. Une collecte spéciale de nettoyage a même été nécessaire en septembre. Un total de 72 tonnes avaient alors été ramassées par la firme Derichebourg. 

Face à ce constat, la commission a reconnu qu’il valait mieux avancer progressivement. « Ce qui ressort, c’est qu’il y a un besoin de transition, a noté Mme Marquis-Bissonnette. Nous recommandons donc d’ajouter quatre collectes en 2019, mais la commission refera un bilan à l’automne 2019 pour voir s’il est toujours nécessaire d’avoir autant de collectes. » La gratuité au centre de transbordement et le prolongement des heures d’ouverture aux écocentres seraient maintenus. 

Les quatre collectes supplémentaires auraient lieu en janvier, tout de suite après la période des Fêtes, en juin, août et septembre. Elles viendraient s’ajouter à celles déjà prévues au PGMR d’avril, mai, juillet et octobre. « La demande est surtout pendant l’été, indique Mme Marquis-Bissonnette. Il y a des déménagements de juillet à septembre et au printemps, les gens font souvent du ménage. C’est surtout là que sont les besoins. »

Le conseiller Jocelyn Blondin, membre de la commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement a tenté de convaincre les autres membres de hausser le nombre de collectes à une par mois en 2019 et à huit collectes par année en 2020, mais sa proposition a été rejetée à 6 contre 2. Seul le conseiller Jean Lessard l’a appuyée. La conseillère Louise Boudrias qui s’était déplacée pour assister à la rencontre de la commission s’est dite « contente du compromis », mais a ajouté que la proposition d’une collecte par mois correspondait plus, à son avis, aux attentes des citoyens. 

Plusieurs membres de la commission qui ont pris la parole ont affirmé que Gatineau ne devait pas perdre de vue son objectif de réduction de l’enfouissement des matières résiduelles et qu’en ce sens, il y avait lieu de persévérer dans l’information et la sensibilisation de la population.

« Une des choses qui a été moins bien comprise par la population, c’est le besoin de faire ces changements, a indiqué Mme Marquis-Bissonnette. Les citoyens semblent avoir compris qu’on cherchait à réduire les services pour faire des économies, mais ce n’est pas ça du tout. Il faut transformer nos habitudes, il faut réduire l’enfouissement, il faut réduire notre empreinte écologique. »

Au chapitre des changements d’habitude, l’obligation entrée en vigueur en juillet de trier les matières compostables semble avoir eu un effet marqué sur le tonnage de déchets acheminé dans les sites d’enfouissement. De fait, entre juillet et le 15 octobre dernier 10 889 tonnes de déchets ont été envoyées à l’enfouissement, comparativement à 13 384 tonnes pour la même période en 2017. Cela représente 2504 tonnes de moins. Quant aux matières compostables, ce sont 1322 tonnes de plus qui ont été ramassées.  

« On est surpris que le changement soit aussi important que ça, a affirmé Mme Marquis-Bissonnette. Je suis contente du bilan, mais il y a des défis. Nous sommes dans la gestion du changement et on doit prendre le temps d’accompagner les gens parce qu’ils ne partent pas tous de la même place et c’est ce temps de transition que la commission veut donner à la population. C’est clair qu’on veut cependant revenir à quatre collectes par année plus tard. »