«Dire que la réglementation sur le patrimoine fait baisser le prix des maisons ça relève du fait alternatif», affirme le maire Pedneaud-Jobin.

Quartier du musée: des «faits alternatifs»

Le ton monte rapidement dans le débat qui s'amorce sur la citation patrimoniale du quartier du musée. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, accuse les opposants aux projets de carrément verser dans les « faits alternatifs » en affirmant qu'une protection patrimoniale ferait baisser la valeur des propriétés du secteur.
« Regardez la valeur des terrains et des maisons aux endroits où le patrimoine est protégé, regardez les études, c'est exactement l'inverse qui se passe partout, a lancé le maire. Dire que la réglementation sur le patrimoine fait baisser le prix des maisons ça relève du fait alternatif, on est vraiment dans un autre univers. Au contraire, c'est ça qui enrichit les villes et qui met leur différence en valeur. »
Le candidat indépendant dans le centre-ville, Pierre Samson, affirme que la réglementation contraignante liée à la protection d'un ensemble patrimoniale comme le propose la Ville dans le quartier du musée ferait chuter de 20 % la valeur des propriétés, une affirmation derrière laquelle se rangent plusieurs promoteurs et gens d'affaires de Gatineau. 
Le candidat à la mairie, Denis Tassé, affirme ne pas avoir fait de recherches exhaustives sur le sujet, mais il mentionne qu'il aurait tendance à croire que la protection mènerait à une dévaluation des maisons et des terrains. L'autre candidate à la mairie, Sylvie Goneau, était absente de la Maison du citoyen mardi. 
M. Pedneaud-Jobin affirme que la proposition de citation patrimoniale est présentée par la Ville en ce moment parce que le dossier était mûr et que cela n'a rien à voir avec l'approche des élections. Il dément utiliser cette réglementation uniquement pour bloquer le projet des tours du promoteur Brigil. 
« Ajouter une couche réglementaire ne change rien au problème fondamental de ce projet-là, dit-il. Le projet des tours ne respecte aucune réglementation. Il ne respecte ni le plan particulier d'urbanisme, ni le schéma d'aménagement et ni le plan d'urbanisme. Il faut tout changer si on veut autoriser ce projet. C'est clair qu'il y a des gens pour et des gens contre. Moi je pense qu'à cet endroit, ce projet n'a pas de bon sens. Oui, toute [réglementation] peut se changer et c'est parce que le promoteur pense qu'il peut la changer qu'il a déposé son projet. Mettre en danger un des rares quartiers patrimoniaux qui nous reste est une grave erreur. »