Multivesco a organisé une soirée de consultation publique.

Projet multivesco: l’opposition citoyenne s’organise

Une trentaine de résidents du centre-ville de Gatineau ont fait entendre leurs doléances envers un projet immobilier de 100 millions $, adjacent au pôle culturel de la rue Montcalm, lors d’une consultation publique tenue jeudi soir par le Comité de l’urbanisme de la Ville de Gatineau.

La firme Multivesco désire construire un immeuble de 20 étages, dans le secteur Hull, pour y installer des bureaux pour des employés de la fonction publique fédérale. Or, la réglementation de zonage actuelle ne permet pas de construire des bâtiments de plus de 14 étages dans ce secteur de la ville.

«Plusieurs personnes croient que ce projet-là se trouve dans le pôle culturel Montcalm, mais en réalité on est adjacent au pôle, mais on n’est pas situés dedans. Le site qui fait l’objet de la demande est situé dans le pôle administratif et d’affaires de la rue Wellington.», explique le chef de section au Comité de l’urbanisme et du développement durable, Marco Pilon. «Ce site-là est voué à de l’intensification, donc à de la hauteur et de la densité. Dans la planification, on veut des bâtiments d’envergure et de prestige, donc c’est déjà prévu dans la planification que c’est ce type de densité et de hauteur qui est visé.»

Questionné à savoir sur quoi le conseil s’est basé pour accepter la modification au zonage, le président du Comité consultatif d’urbanisme, Jocelyn Blondin souligne que la Ville a déjà autorisé dans le passé des projets de plus de 30 étages dans ce secteur qui contient déjà des bâtiments en hauteur.

Présent sur place, le président de la Société d’histoire de l’Outaouais, Michel Prévost, s’explique mal comment la ville peut apporter ces modifications au programme particulier d’urbanisme (PPU). «Je ne comprends pas pourquoi on prend le temps de faire des consultations pour le PPU si moins de 10 ans plus tard on le modifie aussi facilement.» Il ajoute que la proximité du projet avec le site patrimonial Hanson-Taylor-Wright pourrait grandement nuire à la beauté et à l’environnement du quartier.

Plusieurs citoyens présents à la consultation abondent dans le même sens que M. Prévost et critiquent la flexibilité du PPU. «Ça veut dire que le conseil juge que le zonage actuel ne s’applique plus. Ça donne l’impression que le PPU n’existe plus et que c’est un document devenu caduc», déplore un résident de la rue Hanson, Claude Jutras.

Tel que rapporté par Le Droit le 16 juillet dernier, malgré la vision du promoteur, le gouvernement canadien n’aurait fait aucune demande pour occuper les futurs bureaux. Lorsqu’un résident a soulevé ce fait lors de la consultation publique de jeudi soir, M. Blondin a tenu à préciser que le conseil ne «se prononce pas sur qui va occuper le bâtiment. Cette partie-là ne nous appartient pas. Nous on a reçu une demande pour un bâtiment de 20 étages dans ce secteur-là. Si le gouvernement fédéral ne veut pas s’installer dans ces bureaux, c’est le promoteur qui prend le risque.»

Rappelons que le conseil municipal de la Ville de Gatineau se prononcera le 27 août sur les modifications demandées par le promoteur afin qu’il puisse contourner la réglementation de zonage actuelle et construire au-delà de la hauteur et du volume qui est permis.