C’est dans ce secteur du centre-ville de Gatineau, sur la rue Montcalm, que le développeur Multivesco aimerait ériger une tour à bureau.

Projet Multivesco: deux visions s’affrontent

Le respect d’un «contrat social» avec la population du centre-ville ou saisir «une opportunité qui se présente» ? Voilà en résumé les deux visions qui s’affronteront à la table du conseil municipal dans le dossier d’édifice fédéral de 20 étages que propose de construire la firme Multivesco sur la rue Montcalm, en plein cœur du pôle culturel.

Comme il l’avait fait dans le dossier des tours Brigil, il y a un an, le conseiller Jean-François LeBlanc s’est immédiatement rangé derrière ce projet évalué à plus de 100 millions $ par le promoteur. M. LeBlanc considère, comme une majorité de ses collègues, qu’il s’agit d’un projet de développement économique trop important pour être bloqué par le conseil. Le promoteur Multivesco évoque la possibilité d’accueillir un centre de recherche fédéral.

Service et Approvisionnement Canada n’a pas été en mesure, mercredi, de donner suite aux demandes d’information du Droit concernant un éventuel déménagement d’un centre de recherche fédéral à Gatineau. Si ce projet devait se réaliser, l’immeuble abriterait des centaines, voire des milliers de chercheurs à deux pas de la nouvelle «zone d’innovation» identifiée par la Ville de Gatineau sur les terrains de la Fonderie. Le gouvernement du Québec a d’ailleurs récemment versé une subvention de 10 millions $ pour décontaminer ces terrains.

Bon pour les artistes

Le conseiller LeBlanc estime que l’arrivée de milliers travailleurs fédéraux dans le pôle culturel identifié par le Plan particulier d’urbanisme serait une bonne nouvelle pour les artistes.

«Le promoteur m’a parlé d’un café pour les artistes, qu’il donnerait de la place dans son stationnement sous-terrain pour le Théâtre de l’Île, qu’il y aurait des gros œuvres d’art partout sur la bâtisse et il discute aussi de patrimoine pour faire une présentation sur Jos Montferrand ou quelque chose comme ça, a expliqué M. LeBlanc. Ça prend du monde aussi pour acheter des œuvres d’art. Ils vont se promener ces fonctionnaires-là. Le promoteur est en discussion pour intégrer son bâtiment à l’axe culturel. Il faut le laisser arriver avec un projet. »

Le conseiller Tessier n’a pas voulu commenter la position d’une majorité de ses collègues à la table du conseil. Il a toutefois mentionné qu’il est «peut-être plus facile» pour un élu d’avoir cette position s’il n’a pas à représenter les citoyens de ce quartier.

«Les gens du centre-ville sont attachés au Plan particulier d’urbanisme, dit-il. C’est triste de voir qu’il pourrait y avoir un changement comme ça sans qu’on obtienne l’assentiment de l’ensemble des acteurs. Quand on a un contrat social qui a été signé par l’ensemble des acteurs, on ne peut pas le changer sans avoir leur assentiment.»