La modification au zonage pour le projet d’immeuble de 20 étages de Multivesco sur la rue Montcalm a été entérinée à 13 contre 5, mardi soir, lors de la réunion du conseil municipal de Gatineau.

Projet Multivesco: changement de zonage entériné

La réglementation du Plan particulier d’urbanisme (PPU) sera modifiée pour le projet de Multivesco, qui entend construire un immeuble à bureaux fédéraux de 20 étages au centre-ville de Gatineau. Les élus se sont montrés favorables à cette modification du zonage, à 13 contre 5.

Cet édifice que souhaite construire la firme Multivesco, adjacent au pôle culturel de la rue Montcalm, doit servir à héberger un centre de recherche fédérale. 

Jusqu’ici, la réglementation de zonage ne permettait pas de construire des bâtiments de plus de 14 étages dans ce secteur de la ville.

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Tous les conseillers qui se sont prononcés contre le projet sont ceux d’Action Gatineau, à l’exception du conseiller de Buckingham, Martin Lajeunesse. 

Le conseiller Cédric Tessier a noté que « certains éléments positifs » étaient ressortis des consultations publiques qui ont eu lieu au cours de l’été, mais que la modification du PPU pour ce projet ne respecte pas le « contrat social » de la Ville avec la population du centre-ville. « Le PPU est né il y a 10 ans d’une vaste consultation de tous les acteurs du quartier, et je continuer à trouver ça inconcevable qu’on fasse des modifications sans qu’il n’y ait eu de rencontres et de consultations en amont. (...) Tout le monde qui était présent  à la consultation publique s’est présenté contre le projet et je dirais que le sentiment général était une déception et un découragement de la part des citoyens de voir la ville aller de l’avant avec un changement à ce contrat social-là sans que l’ensemble des partenaires du centre-ville soient parti preneurs. »

La conseillère Maude Marquis-Bissonnette a tenu à saluer « le travail du promoteur qui avait permis de faire évoluer le projet ». Ceci dit, elle a elle aussi rappelé la notion du « contrat social », et a déploré que Multivesco n’avait pas modifié la densité et la hauteur de son projet. 

Pour la conseillère Louise Boudrias, l’argument du « contrat social » souvent mentionné par ses collègues est quelque peu risible. « Je le comprends, on a travaillé avec les citoyens pour se doter d’un PPU, mais on a aussi des opportunités comme politiciens et des outils pour amener des changements lorsque de beaux projets se présentent devant nous. Alors pour moi, c’est une opportunité. »

Mme Boudrias a rappelé au conseil qu’à plusieurs reprises, des modifications ont été apportées au PPU « où l’ensemble des conseillers autour de la table ont voté pour ». 

La conseillère Myriam Nadeau a pour sa part soutenu que le conseil s’apprêtait à octroyer des concessions sans aucune confirmation que le gouvernement fédéral sera effectivement preneur. 

Rappelons que Services publics et Approvisionnement Canada, pour qui le projet d’immeuble a été élaboré, a affirmé à la mi-juillet au Droit qu’il ne planifiait pas occuper les locaux de l’édifice. 

« On devrait se donner le temps d’avoir cette garantie-là et d’avoir des conversations sérieuses qui impliqueraient aussi de façon plus respectueuse le travail qui a été fait précédemment pour arriver à ce PPU, avec l’aide des autres organismes », a constaté Mme Nadeau. 

Le conseiller Mike Duggan a quant à lui souligné le caractère économique du projet. « On a besoin de la vie économique pour subventionner les artistes. Moi je vois ce projet comme étant excellent. Ça va amener des emplois, des services et des clients pour nos restaurants. »