Louise Boudrias affirme que la formule présentée mardi est un pas dans la bonne direction.

Processus budgétaire: tous les élus gatinois consultés au printemps

Les élus seront dorénavant impliqués beaucoup plus tôt dans l’élaboration du budget municipal à Gatineau. Dès le printemps, ils pourront personnellement proposer à l’administration et au comité exécutif des nouveaux projets à financer, ou même des modifications à certaines des grandes orientations déjà votées par le conseil.

L’envers de la médaille, c’est qu’ils devront aussi identifier où couper afin de réaliser leurs propositions. Dans un contexte où les finances publiques sont serrées et que l’administration Pedneaud-Jobin part avec la prémisse que chaque ponction dans la fonction publique mène à une coupe de service, l’exercice pourrait mener à des choix déchirants. Cette année, les élus rencontreront individuellement le comité exécutif pour présenter leurs propositions au début du mois de juin.

« La marge de manœuvre demeure, c’est une question de choix, note le président du comité exécutif, Cédric Tessier. Il est toujours possible d’augmenter des services ou d’en couper. Il faut juste avoir le courage de ses convictions. L’analyse approfondie du budget, l’an passé, a démontré qu’on ne pouvait plus faire des coupures (dans la masse salariale) sans devoir couper dans les services. Si des élus veulent faire des coupes dans la masse salariale, ils devront nous dire quels services ils entendent couper. Des élus qui veulent investir plus dans l’asphalte pourront le proposer en identifiant quels sont les autres projets à couper dans le plan triennal des immobilisations (PTI). »

La conseillère Louise Boudrias qui milite depuis des mois pour que les élus puissent avoir un peu plus de poids dans la préparation du budget estime que la formule présentée mardi, en comité plénier, est un pas dans la bonne direction, mais qu’il y a lieu d’aller encore plus loin.

« On doit pouvoir faire des analyses ensemble, au conseil, sur comment on peut dégager des économies, dit-elle. Je parle depuis le début de la masse salariale, de voir s’il y aurait là des économies à faire. […] Ce qui m’inquiète c’est qu’on sera 18 à proposer des projets. J’aurai besoin de l’information de nos services. »

Mme Boudrias estime que pour faire un travail rigoureux, elle aura besoin de données plus précises sur les finances de la Ville, ainsi que les différents bilans qu’a en main l’administration. Le président du comité exécutif affirme pour sa part que toute l’information nécessaire à la proposition de projets par les élus est publique et disponible.

Sauf exception, les demandes des élus ne pourront pas porter sur, par exemple, la réfection d’une rue bien précise dans leur quartier. Ils pourront proposer d’ajouter des sommes à ce poste budgétaire, mais la priorisation des travaux ne fait plus l’objet d’un choix politique et est d’abord déterminée par le système d’aide à la prise de décision.