Stefan Psenak, directeur de Vision centre-ville
Stefan Psenak, directeur de Vision centre-ville

PPU: Un rapport de force citoyens-promoteurs à rééquiIlibrer

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Les principes du Plan particulier d’urbanisme (PPU) ont été brandis bien haut par les résidents du centre-ville et les politiciens qui s’opposaient aux tours Brigil, il y a deux ans.

La victoire de ces derniers a été perçue comme un juste retour des choses pour des citoyens qui ont longtemps subi les visions mercantiles des promoteurs immobiliers dans le secteur, sans avoir un mot à dire.

Est-ce que le balancier du rapport de force serait cependant allé trop loin ?

Au risque de devoir essuyer la critique, le directeur de Vision centre-ville, Stefan Psenak, croit que oui.

«Le rapport de force a basculé d’un extrême à l’autre, dit-il. Il y a eu un temps où les promoteurs faisaient la loi, mais ce n’est plus le cas. Les citoyens ont évidemment leur rôle à jouer et leur mot à dire, et ils doivent être entendus, mais là, le rapport de force a complètement basculé, au point où réaliser un projet immobilier dans le centre-ville est devenu très ardu, pénible et coûteux. Le balancier est complètement passé à l’extrême, du côté de l’autorité que la Ville confère maintenant aux associations de citoyens.»

Le président de l’Association des résidents de l’Île-de-Hull, Daniel Cayley-Daoust, n’est évidemment pas de cet avis.

Il convient que les liens entre les citoyens et l’administration municipale se sont améliorés, que les promoteurs sont de plus en plus encouragés à consulter la population avant de déposer des projets, mais il estime que les résidents jouent encore trop souvent les seconds violons.

«Nous demeurons encore très critiques sur la façon dont nous sommes impliqués dans le processus décisionnel à la Ville pour les projets d’envergure, note M. Cayley-Daoust. On est souvent consulté une fois que le comité consultatif d’urbanisme (CCU) a déjà recommandé le projet au conseil. Il faut plus de transparence des autorités et ça passe par la consultation en amont de la population.»