Bernard Couture, Marie-Eve Proulx et Danielle McCann

Pôles d'innovation: les libéraux accusent la CAQ de vouloir tout centraliser

Le doute que laisse planer Québec sur l’avenir des 18 pôles d’innovation de la province fait craindre au critique libéral en matière de PME et d’innovation, Mousef Derraji, que le gouvernement caquiste de François Legault cherche simplement à détourner les 32 millions prévus au programme pour les utiliser à autre chose.

« Est-ce que la ministre est réellement à l’écoute des régions ? demande M. Derraji. Est-ce qu’elle est à l’écoute de ses collègues de l’Outaouais ? En fait, qui écoute-t-elle ? L’idée de la création des pôles d’innovation vient des régions parce qu’elles veulent stimuler l’innovation sur leur territoire. Elles veulent le faire en fonction de leurs besoins, de leurs forces. Les pôles sont une occasion pour chaque région de stimuler l’innovation en fonction de leurs réalités. Le gouvernement veut probablement que l’innovation soit centralisée à Québec et à Montréal. »

Le gouvernement et l’opposition libérale se renvoient la balle depuis quelques semaines concernant le modèle des pôles d’innovation initié à quelques mois des élections par l’ancien gouvernement. Les sommes attendues par les différents pôles pour financer les travaux et devant agir comme levier pour attirer des investissements privés sont retenues à Québec. « Des gens pensent que c’était une commande de dernière minute du gouvernement, mais la demande venait directement des régions, note le critique libéral. Les régions voulaient élaborer leurs propres projets d’innovation. C’est à ça que servent les pôles. »

La ministre déléguée au Développement économique régionale, Marie-Eve Proulx, rencontrera chacun des pôles d’innovation au cours des prochaines semaines dans le cadre de sa tournée provinciale de consultation sur le Plan d’action gouvernemental en entrepreneuriat 2017-2022. « La tournée que fait la ministre a déjà été faite, lance M. Derraji. Tout ce que cherche le gouvernement c’est de revoir un modèle souhaité par les régions pour lui donner sa couleur politique. En attendant, chaque pôle doit solliciter l’entreprise privée pour obtenir du financement, c’est comme ça que fonctionne leur structure financière. Mais là, le secteur privé regarde ça à l’approche de la fin de l’année financière et voit la ministre mettre ça sur la glace pour faire une réflexion qui a déjà été faite. Le privé va finir par mettre son argent ailleurs. »