Les inondations du printemps 2017 ont laissé des cicatrices bien visibles dans le quartier Pointe-Gatineau.

Plusieurs scénarios de revitalisation proposés pour Pointe-Gatineau

Jardins communautaires, sentiers, sites commémoratifs et espaces de rassemblement. Voilà quelques-unes des suggestions proposées pour la revitalisation des dizaines de terrains laissés vacants dans le secteur Pointe-Gatineau à la suite des inondations historiques du printemps 2017.

Ces idées ont été avancées lundi soir par l’architecte paysagiste Marc Fauteux lors d’une réunion sur l’avenir des lots dépeuplés à laquelle ont assisté une soixantaine de personnes.

« Alors que des espaces libres peuvent être des avantages, il y a un petit sentiment de désarroi lorsqu’il y a du vide », a noté M. Fauteux, faisant référence aux nombreux citoyens du quartier qui ont perdu leurs voisins, forcés d’abandonner leur domicile.

« L’opportunité est de remplir ces espaces avec de nouveaux aménagements qui ont un sens, qui amènent les gens à y aller et qui visuellement viennent un peu reconstruire la trame urbaine. Il y a un vide, alors naturellement on veut le remplir », a ajouté M. Fauteux.

La conseillère municipale du district de Pointe-Gatineau, Myriam Nadeau, souhaite ainsi la création d’un plan directeur pour la revitalisation des quelque 90 terrains vacants. Elle cherche à voir une action dès cet été « qui sera une bougie d’allumage pour ce qui va suivre ». Mme Nadeau réserve d’ailleurs 25 000 $ de son budget discrétionnaire pour le point de départ de la revitalisation.

À cet effet, quatre scénarios d’aménagement ont été proposés lundi soir : le secteur du 34 à 42, rue Moreau, pourrait voir des arbres y être plantés et l’ajout de mobilier urbain. La zone est propice à une thématique et des activités mettant en valeur le ruisseau Moreau ; des jardins en bac pourraient être installés dans le secteur du 1336 au 1348, rue Saint-Louis avec aussi la plantation d’arbres fruitiers ; les lots vacants du secteur des rues Blais et Saint-François-Xavier pourraient accueillir un sentier commémoratif qui s’insèrerait dans un corridor écologique ; enfin, l’extrémité de la rue René serait un secteur propice à un arboretum.

Le Conseil régional en environnement et en développement durable de l’Outaouais (CREDDO) est partenaire du processus de revitalisation. Son directeur général, Benoît Delage, a souligné l’importance de travailler à adapter le quartier pour qu’il soit moins à risque aux caprices des changements climatiques.

Le CREDDO attend une réponse de Québec concernant une demande de financement auprès du Fonds vert. L’organisme a aussi approché des partenaires privés pour aller chercher du financement afin de soutenir les efforts d’aménagement.

« On me demande souvent ce qu’on va faire. Je l’ignore. Ça revient aux citoyens. Il faut que ça vienne d’eux. Il faut qu’ils s’approprient ces terrains. C’est un projet d’occupation du domaine public. Ça, ça prend beaucoup d’amour et d’énergie. C’est un projet de compassion envers ces gens. Des personnes qui étaient ici ce soir ont fait des dépressions. Alors comment peut-on améliorer leur qualité de vie et s’assurer que leur territoire ait de la plus-value ? », a expliqué M. Delage.

La revitalisation des lots abandonnés est un projet qui s’échelonnera sur plusieurs années.