Le conseil municipal de Gatineau

Plusieurs dossiers en suspens au conseil

De nombreux dossiers ayant des impacts évidents sur les finances de la Ville de Gatineau et qui doivent faire l’objet de présentations au conseil municipal demeurent toujours en suspens à un mois de l’étude du budget 2019.

C’est notamment le cas du futur règlement sur les frais de croissance dont l’adoption avait été repoussée d’un an en raison des inondations du printemps 2017. Aux dernières nouvelles, cette réglementation qui permettra à la Ville de recommencer à taxer les promoteurs immobiliers pour financer certaines infrastructures municipales doit être approuvée cet automne pour une entrée en vigueur dès 2019.

La situation est la même dans le cas du plan de diversification des revenus. Gatineau pourrait, entre autres, imposer une taxe sur les stationnements dans le centre-ville et sur chaque litre d’essence vendu sur son territoire. Il s’agit de mesures fiscales qui aideraient Gatineau à limiter à 2,5 % la hausse de la taxe foncière dès 2019.

Des décisions doivent aussi être prises dans le dossier des piscines municipales extérieures qui sont pour la plupart en fin de vie utile. Un rapport sur la question datant de 2013 n’a toujours pas fait l’objet d’une présentation publique au conseil. Les élus souhaitent aussi se positionner sur l’avenir des stationnements payants dans le centre-ville. L’administration a le mandat de proposer au conseil une solution technologique plus contemporaine pour remplacer les vieux parcomètres d’ici le prochain budget. Les élus sont aussi dans l’attente d’information sur le chantier du déploiement des futurs complexes multiglaces. Un contrat doit être donné au secteur privé pour celui de l’ouest de la ville cet automne.

L’épineuse question de la pénurie de main-d’oeuvre qui touche particulièrement le service des infrastructures est aussi dans le lot des sujets qui devraient interpeller le conseil avant l’adoption du budget 2019.

Présentations publiques?

Tous ces dossiers auront un impact budgétaire indéniable et pourraient chambarder à la fois la colonne des revenus et celle des dépenses. L’attachée de presse du maire de Gatineau, Laurence Gillot, précise que ces dossiers sont confinés sur une liste qui fait présentement l’objet d’une analyse conjointe de l’administration et du comité exécutif afin de déterminer quand et comment l’information sera rendue disponible pour les élus.

«S’il y a un impact budgétaire, ça devra revenir au conseil avant le budget, note Mme Gillot. On ne sait pas encore quelle forme ces présentations prendront afin que les élus soient informés et capables de prendre des décisions le moment venu.» Mme Gillot n’a pas été en mesure de préciser si les présentations sur ces différents dossiers seront faites ou non en public.

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UN « AVANT-GOÛT DE LA NOUVELLE GOUVERNANCE DU MAIRE », DIT BOUDRIAS

Le manque d’information sur de nombreux dossiers importants à l’approche de l’étude du budget 2019 fait craindre à la conseillère Louise Boudrias de ne pas avoir un portrait complet à sa disposition quand viendra le temps de prendre des décisions qui se répercuteront sur le portefeuille des contribuables pour des années à venir. 

La conseillère Boudrias ne cache pas son inquiétude devant ce qu’elle qualifie à nouveau de manque de transparence de l’administration du maire Maxime Pedneaud-Jobin. 

Elle affirme que ce qui est vécu actuellement autour de la table du conseil municipal est un avant-goût de la «nouvelle gouvernance» que souhaite mettre en place le maire. 

«On est en train de découvrir la nouvelle gouvernance du maire, lance Mme Boudrias. Ça veut dire moins de débats publics, moins d’accès au maire et à l’administration pour les médias et moins de présentations publiques de la part de nos fonctionnaires sur des dossiers d’actualité. Ça devient inquiétant pour la transparence.» Mme Boudrias ajoute que cette nouvelle gouvernance dont parle le maire Pedneaud-Jobin depuis plus d’un an doit d’ailleurs faire l’objet d’une présentation et d’un débat en public. 

«Le mandat est commencé depuis un an et rien de tout ça n’a encore été mis en place officiellement», dénonce-t-elle.