Une grande partie du territoire hullois, qui touche 70 000 personnes, sera touchée par cet avis préventif de faire bouillir l’eau.

Plus de 70 000 Gatinois forcés de faire bouillir l'eau

Environ 70 000 résidents du secteur Hull seront sous le coup d’un vaste avis préventif de faire bouillir l’eau dès le 20 octobre, et ce pour une durée minimale de cinq jours.

La Ville de Gatineau a annoncé mercredi la mise en place de cette mesure rendue nécessaire en raison d’une importante intervention qui doit être réalisée dans le cadre des travaux de modernisation de l’usine de production d’eau potable (UPEP) de Hull. 

L’avis d’ébullition sera en vigueur dès 7h le samedi 20 octobre.

La quasi-totalité du secteur Hull sera touchée par cet avis préventif. Seuls les habitants du district du Plateau ne seront pas affectés, car le secteur pourra être temporairement alimenté en eau par l’usine du secteur d’Aylmer.

Carte des quartiers affectés par l'avis préventif de faire bouillir l'eau dès le 20 octobre.

Durant cette période, les citoyens et les institutions devront faire bouillir l’eau du robinet durant une minute avant de la consommer. Ils sont aussi priés d’économiser l’eau dans la mesure du possible. 

Au cours des interventions sur le réseau, la Ville avertit que les résidents touchés pourraient remarquer que l’eau devient brunâtre ou jaunâtre. Une légère baisse de pression d’eau pourrait également être constatée dans le quartier Manoir des Trembles, en particulier la nuit. 

La délicate opération, une étape-clé des travaux de 68 millions $ en cours depuis le printemps 2017, consistera à raccorder la nouvelle conduite maîtresse de distribution d’eau à la sortie de l’usine sise sur le chemin Lucerne. 

Les travaux seront réalisés en deux temps. La première intervention est prévue de 20h le 19 octobre à 8h le 20 octobre, tandis que la seconde est planifiée de 20h le 21 octobre à 8h le 22 octobre. Durant ces travaux, l’alimentation en eau sera assurée par une conduite de contournement. 

«Durant toute cette période-là, on sera en avis d’ébullition, mais aussi pour environ 48 heures après la fin des travaux, en attendant de voir la qualité de l’eau. On a deux séries d’échantillons à prendre. Alors c’est sûr qu’il n’y aura pas de levée (de l’avis) avant le mercredi matin (24 octobre) et évidemment il faudra que le résultat soit bon, sinon ce sera plus tard. [...] Il va toujours y avoir de l’eau, mais ce serait mieux que les citoyens fassent attention de ne pas trop en consommer, par exemple éviter de laver la voiture. Ça va nous aider grandement», a lancé la directrice du Service de l’environnement, Chantal Marcotte.

Les travaux d’agrandissement et de modernisation de l’UPEP, qui permettront de faire passer la capacité de filtration de 73 000 mètres cubes à 113 000 mètres cubes par jour, doivent s’achever à l‘été 2019. Les nouvelles installations répondront aux besoins de la population du secteur pour au moins les 20 prochaines années. 

À la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), où une douzaine d’écoles seront affectées par cet avis, on affirme être actuellement en train d’évaluer l’ampleur de la situation, mais on assure que de l’eau embouteillée sera fournie aux institutions concernées. 

Du côté du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), où plusieurs installations seront touchées dont l’Hôpital de Hull, on indique avoir en tout temps une réserve de trois litres par personne pour une période de 48 heures. 

«Nous avons un contrat avec une compagnie qui nous livre de l’eau en priorité, sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Nous allons commander de l’eau en fonction des besoins et de la durée de l’avis de l’ébullition d’eau. Nous sommes en constante communication avec la Ville de Gatineau. L’avis est émis d’avance, ce qui nous donnera du temps pour nous préparer», confirme la porte-parole Geneviève Côté.

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Les restaurateurs devront s’ajuster

L’avis d’ébullition d’eau de cinq jours décrété par la Ville de Gatineau aura des impacts sur les opérations des restaurateurs. Certains ne la trouvent pas particulièrement drôle, alors que d’autres ne s’en formalisent pas trop. 

«On va devoir trouver un plan de contingence. Je ne connais pas toute la logistique du réseau d’aqueduc de la Ville, mais c’est quand même spécial que ce ne soit pas fait par sections. Quatre jours sans eau potable pour un restaurant, c’est incroyable. Je vais devoir parler à mes fournisseurs et fournir de l’eau en bouteille aux clients», note le vice-président directeur général des six rôtisseries St-Hubert à Gatineau et Ottawa, Jean-Claude Boucher.

Ce dernier, qui précise que la fin de semaine représente 40% des revenus hebdomadaires pour son restaurant, aurait préféré que l’avis soit en vigueur uniquement la semaine. Le tout aurait été «moins dommageable», mais maintenant que la décision est prise, on va s’y adapter, précise-t-il.

Son de cloche différent pour Alexandre Leblanc, directeur général du café-bar Aux 4 jeudis et du Piz’za-za, Alexandre Leblanc.

«Personnellement, je suis totalement en faveur des journées choisies, car pour mes deux commerces, c’est plutôt les jeudis et vendredis qui sont les jours les plus achalandés. Alors ça aura moins d’impact. Ça demande de la planification, mais on le sait dix jours à l’avance. On va par exemple déjà préparer des glaçons et pour l’eau nécessaire à la préparation des aliments, on va en faire bouillir la quantité souhaitable la veille pour qu’elle ait le temps de refroidir la nuit. Ce n’est rien de majeur comme situation, même si ça cause des désagréments. Je préfère cela à une panne de courant.