Selon le Code de la sécurité routière, le jeu libre est interdit dans la rue partout au Québec. À Gatineau, une commission municipale se penche sur un projet pilote qui permettrait aux enfants de jouer librement dans la rue.

Plus compliqué que prévu pour jouer dans la rue

Autoriser les enfants à jouer dans la rue à Gatineau est plus difficile à réaliser qu’imaginé au départ.

La présidente de la commission Gatineau, ville en santé, Renée Amyot, l’admet d’emblée, le cadre légal qui doit être mis en place pour changer la réglementation doit comporter plusieurs facteurs qui amènent un niveau de complexité qui était jusqu’ici insoupçonné.

Même si c’est grandement toléré par les Villes et les services policiers, le Code de la sécurité routière interdit le jeu libre dans la rue partout au Québec. La Loi sur l’autonomie municipale adoptée l’an passé offre toutefois l’opportunité aux villes de l’autoriser, mais les conditions pour le faire sont nombreuses.

La commission Gatineau, ville en santé planche depuis quelques mois sur un projet pilote pour permettre aux enfants de jouer librement dans la rue. Une consultation publique menée cet hiver dont les conclusions ont été présentées jeudi aux membres de la commission révèle que 66 % des Gatinois sont d’accord à permettre le jeu libre dans certaines rues résidentielles de la Ville de Gatineau. Une majorité des quelque 1700 répondants au sondage en ligne estime que l’autorisation devrait être donnée de 9h à 21h.

Un peu plus d’un répondant sur dix est cependant réfractaire à ce que des enfants jouent dans la rue. Le bruit causé par les enfants qui s’amusent et les enjeux de sécurité font partie des arguments énoncés par ces gens.

Les Gatinois en faveur du projet pilote ont pour leur part formulé de nombreuses préoccupations concernant les enjeux de sécurité routière, de signalisation et de bon voisinage. L’un des constats de la consultation publique est la nécessité d’envisager une campagne de sensibilisation qui accompagnerait un éventuel projet pilote. Encourager un bon voisinage par le respect mutuel, la tolérance et le respect des biens d’autrui sont des éléments qui devront être abordés.

Des amendes

En étant forcée de mettre en place un nouveau règlement pour permettre le jeu dans la rue, la Ville de Gatineau sera légalement obligée de définir des sanctions pour punir les comportements proscrits. Cet élément a surpris plusieurs membres de la commission. L’application des sanctions demeurerait à la discrétion des policiers. Des avis de courtoisie pourraient d’abord être donnés. Les amendes pourraient varier entre 50 $ et 120 $. Elles seraient imposées aux jeunes de plus de 14 ans. En bas de cet âge, ce sont les parents qui écoperaient de la facture.

« Pour permettre le jeu dans la rue, Gatineau devra respecter le cadre législatif proposé par le gouvernement du Québec, note Mme Amyot. La suite de notre discussion à la commission, cet automne, portera sur ce cadre réglementaire. On voudra nécessairement protéger les enfants, alerter les automobilistes par de la signalisation, encadrer le jeu dans la rue par un code de conduite et de bon voisinage. »

Le projet pilote sur lequel travaille la commission Gatineau, ville en santé toucherait d’abord 18 rues, une par quartier. Pour qu’une rue soit identifiée comme permettant le jeu libre, la demande devra venir des citoyens et elle devra obtenir l’adhésion des 2/3 des résidents. Le choix des rues devra tenir compte de ses caractéristiques d’aménagement, de l’achalandage, du dégagement visuel pour les automobilistes, de l’éclairage et de la possibilité d’y installer des mesures d’atténuation de la vitesse.

La commission Gatineau, ville en santé doit présenter ses recommandations au conseil municipal l’automne prochain.