Les maires d’Ottawa et de Gatineau, Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin, ont échangé sur le transport en commun... et du port de la cravate à l’issue d’une première rencontre bipartite.

Planifier l’avenir des déplacements

Le retard anticipé de six mois pour la mise en service de la Ligne de la Confédération à Ottawa ne change rien aux plans d’arrimage du service de transport en commun des deux côtés de la rivière des Outaouais.

Voilà l’un des messages qu’ont répété les membres du groupe de travail conjoint sur le transport à l’issue de leur toute première réunion, jeudi, à l’hôtel de ville d’Ottawa. Une rencontre de 45 minutes durant laquelle plusieurs idées ont été partagées et des priorités ont pu être établies.

« Ça ne change pas l’objectif général des deux villes, qui est de s’assurer que la transition se fasse le plus facilement possible, même si on sait que c’est complexe. C’est vraiment un grand défi, car ce sont des milliers de personnes, deux systèmes de transport en commun. On sait déjà qu’il y aura des difficultés. Le retard, pour nous, sera une question d’ajustement. Ce seul dossier-là justifie les travaux que l’on fait car on avance bien ensemble », a lancé le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, à sa sortie de la réunion.

La présidente de la Société de transport de l’Outaouais (STO), Myriam Nadeau, rappelle que les pourparlers entre les deux rives ne datent pas d’hier.

« On ne ralentit pas le rythme. Nos équipes travaillent de concert avec OC transpo pour voir à la la planification et l’opérationnalisation de notre service et de notre arrimage une fois le train léger en service. Il y a déjà des choses intégrées dans les deux systèmes, par exemple la carte à puce. Le train léger, c’est un gros projet, alors on veut être un bon partenaire et bien collaborer. Il faut s’assurer d’avoir les communications les plus engageantes possible pour que les usagers comprennent bien ce que ça va signifier une fois que ce sera déployé », a-t-elle indiqué.

Le prolongement du tracé du train léger vers Gatineau est toujours un projet dans les cartons à long terme, mais le comité ne se fait pas d’illusions : ce n’est pas demain la veille que les voitures rouges de l’O-Train pourront être aperçues sur la rive québécoise.

Le maire d’Ottawa Jim Watson rappelle que cette idée ne pourra devenir réalité que si les paliers supérieurs de gouvernement délient les cordons de la bourse.

« Comme j’ai toujours dit, la priorité pour nous après la phase 2 sera la phase 3-A à Kanata puis 3-B à Gatineau, en passant par le pont Prince-de-Galles. Mais des travaux importants sont nécessaires sur ce pont et nous n’avons pas l’argent nécessaire », dit-il.

Lien rapide vers l’ouest de Gatineau
Mme Nadeau a d’ailleurs indiqué que les résultats de l’étude de la STO ainsi que ses recommandations au sujet d’un futur lien rapide vers l’ouest de Gatineau seront dévoilés incessamment, soit plus d’un an plus tard qu’initialement prévu. Les médias recevront une convocation dès la semaine prochaine, a-t-elle indiqué, rappelant du même coup que l’arrimage avec Ottawa est « primordial ».

« Nous très agressifs dans nos revendications auprès du gouvernement, surtout Québec. Le problème principal à Gatineau, c’est vraiment le transport en commun dans l’ouest de la ville, soit d’Aylmer vers les deux centres-villes (Gatineau et Ottawa). C’est un problème immédiat, on fait des ajustements immédiats », soutient le maire Pedneaud-Jobin.

Les intervenants du comité se sont aussi entendus pour établir une feuille de route en matière de transport collectif, actif et routier pour la région de la capitale nationale.

Appelé Vision Ottawa-Gatineau 2050, l’exercice débuterait par des consultations auprès des citoyens, qu’ils soient conducteurs, usagers du transport en commun, cyclistes ou piétons, question de mieux comprendre leurs besoins. Certaines mesures pourraient ensuite être identifiées dans le but d’avoir une intégration optimale des deux réseaux et une meilleure synchronisation des déplacements.

« C’est important pour nous qu’on partage l’information. Quelle va être l’évolution démographique des deux côtés ? Quelle sera l’évolution du marché du travail ? Est-ce qu’il y a des enjeux environnementaux, etc ? », explique Maxime Pedneaud-Jobin.

La prochaine rencontre est prévue l’été prochain.

Histoire de maires... et de cravates

Il n’y a pas que le transport en commun qui a fait l’objet de discussions jeudi entre les maires Watson et Pedneaud-Jobin. Le port de la cravate aussi. 

À l’occasion de la première rencontre du groupe de travail conjoint, Jim Watson a décidé de laisser la cravate dans sa garde-robe « en l’honneur» de son homologue gatinois Maxime Pedneaud-Jobin.

C’est connu : le maire de Gatineau ne porte pas la cravate, sauf à de très rares occasions, par exemple lors de la cérémonie d’assermentation en début de mandat ou encore lors d’événements très protocolaires.

Le maire d’Ottawa, qui à l’inverse a l’habitude d’assortir une cravate à sa chemise et son veston, a tout de même confessé « qu’il n’aimait pas les cravates ».

Comme il est prévu que les rencontres aient lieu en alternance entre les deux villes, reste donc à voir si, lorsque la réunion se tiendra sur la rive gatinoise, M. Pedneaud-Jobin décidera faire fi de ses habitudes vestimentaires en enfilant une cravate « en l’honneur» de son homologue ottavien.

Par ailleurs, le maire Maxime Pedneaud-Jobin et son équipe ont fait le voyage en autobus pour se rendre à Ottawa, si bien que M. Watson s’est fait lancer le défi d’en faire autant quand la rencontre se tiendra en sol gatinois. 

« Peut-être, j’ai ma carte Presto », a répondu le principal intéressé en riant.