Plusieurs secteurs de la Ville de Gatineau seront appelés à vivre d’importants changements au cours des prochaines décennies.
Plusieurs secteurs de la Ville de Gatineau seront appelés à vivre d’importants changements au cours des prochaines décennies.

Plan d'urbanisme de Gatineau: construire en hauteur pour densifier des quartiers existants

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Plusieurs secteurs de la Ville de Gatineau seront appelés à vivre d’importants changements au cours des prochaines décennies. Certains quartiers parfois érigés depuis longtemps et d’autres, situés à proximité des liens de transport en commun existants ou à venir, sont dans la ligne de mire du service de l’urbanisme.

Identifiés comme des «secteurs particuliers de la structure urbaine» dans le nouveau plan d’urbanisme qui doit être adopté par le conseil municipal en octobre, ces quartiers verront leurs paysages être grandement modifiés d’ici les 30 prochaines années. Gatineau souhaite y augmenter de façon substantielle la densité de la population. Cette volonté doit se traduire par la construction d’immeubles en hauteur jusqu’ici absents ou peu nombreux dans ces secteurs. 

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L'urbanisme à Gatineau en bref

L’exemple de la «zone axée sur le transport en commun Labelle» en est un bon exemple. Construit dans la première moitié du 20e siècle, ce secteur de Hull qui comprend la presque totalité du quartier Wrightville et qui s’étend jusqu’au campus Alexandre-Taché de l’Université du Québec en Outaouais devrait atteindre 60 unités de logement à l’hectare d’ici 2051.

L’insertion d’immeubles allant de deux à 12 étages y est prévue dans ce secteur afin d’attendre une densité de population jugée «élevée» par le service de l’urbanisme. 


« On ne peut pas bloquer le développement de la ville, mais on peut l’encadrer et mieux le diriger. »
Maude Marquis-Bissonnette

Des «secteurs particuliers» comme celui-là, la Ville de Gatineau en identifie 13 dans son nouveau plan d’urbanisme. Les hauteurs maximales permises varieront selon l’endroit de cinq à 25 étages. Il est question, entre autres, des noyaux urbains de Buckingham et du Vieux-Aylmer, du secteur des boulevards Lorrain, Labrosse et La Gappe. Plusieurs «coeurs de village» comme ceux du Moulin, du Mont-Bleu et des Hautes-Plaines sont aussi appelés à accueillir des insertions qui permettront une densification de la population. 

«C’est dans ces secteurs que sont appelés à se produire les plus gros changements, confirme la présidente de la commission sur le développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette. Ces secteurs particuliers sont en bordure des axes majeurs de transport en commun et c’est là qu’on souhaite amener plus de densité. Les gens de ces secteurs doivent s’attendre à des changements plus majeurs.»

Régulièrement critiquée par ses citoyens parce qu’elle n’arrive pas développer les infrastructures publiques nécessaires lui permettant de suivre la progression de la démographie sur son territoire, la Ville de Gatineau risque d’être aux prises avec le même problème pour encore bien des années. 

«Je comprends les préoccupations des gens à ce niveau, affirme Mme Marquis-Bissonnette. Ce n’est pas évident pour les villes d’assurer que les deux se fassent en même temps. On ne solutionne pas ça aujourd’hui.»

La conseillère affirme toutefois que Gatineau peut mieux planifier. «Les villes n’ont pas le pouvoir d’empêcher un promoteur de faire un projet sur son terrain juste parce qu’elle n’a pas le temps d’élargir le boulevard en face, dit-elle. On ne peut pas bloquer le développement de la ville, mais on peut l’encadrer et mieux le diriger. Là, on vient identifier des secteurs où on souhaite densifier. On a une bonne idée du nombre de logements qui s’ajouteront. C’est à nous maintenant de prévoir des plans d’infrastructures de transport et de services communautaires et sportifs en fonction de ça.»