Une douzaine d’associations de résidents de Gatineau saluent la volonté de la Ville d’assurer un développement «plus durable» avec son nouveau plan d’urbanisme, mais plusieurs préoccupations subsistent, disent-elles, concernant la capacité de la municipalité à suivre la cadence imposée par le marché de la construction résidentielle.
Une douzaine d’associations de résidents de Gatineau saluent la volonté de la Ville d’assurer un développement «plus durable» avec son nouveau plan d’urbanisme, mais plusieurs préoccupations subsistent, disent-elles, concernant la capacité de la municipalité à suivre la cadence imposée par le marché de la construction résidentielle.

Plan d’urbanisme à Gatineau: les associations demeurent préoccupées

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Une douzaine d’associations de résidents de Gatineau saluent la volonté de la Ville d’assurer un développement «plus durable» avec son nouveau plan d’urbanisme, mais plusieurs préoccupations subsistent, disent-elles, concernant la capacité de la municipalité à suivre la cadence imposée par le marché de la construction résidentielle.

Ce collectif d’associations de résidents s’est rencontré, en début de semaine, afin de passer en revue la version révisée du nouveau plan d’urbanisme que le conseil municipal doit adopter à la fin novembre. Ayant participé de façon marquée lors des différentes consultations publiques qui ont précédé la rédaction du nouveau plan, ces associations étaient à même de juger à quel point la Ville a eu une oreille attentive à leurs différentes recommandations. «La Ville de Gatineau a accompli un travail rigoureux pour tenir compte des commentaires et des propositions soumises, ont indiqué les associations par voie de communiqué de presse, mercredi. La Ville a également fourni une rétroaction détaillée, tel que souhaité par les associations.»

Ces associations de résidents des secteurs Aylmer, Hull et Gatineau estiment que la contribution citoyenne à la réflexion est particulièrement perceptible dans le nouveau plan au chapitre de la protection des milieux humides et des dispositions en lien avec la création de milieux de vie écoresponsables. De fait, le nouveau plan prévoit protéger près de 97 % des milieux humides présents sur le territoire de Gatineau. C’est substantiellement plus que le prévoyait la première mouture du plan d’urbanisme.

Infrastructures publiques

Si les associations de résidents sont rassurées par cette volonté plus verte de la Ville de Gatineau, c’est tout le contraire concernant l’arrimage entre le développement immobilier et celui des infrastructures publiques, notamment dans le secteur ouest où la construction domiciliaire se poursuit à un rythme soutenu.

«Ce qui est proposé par la Ville, à l’heure actuelle, ne répond pas de façon rassurante à cet enjeu majeur, indiquent les associations. Ce retard est particulièrement criant dans l’ouest de la ville où 53 % du développement se fera sans que les infrastructures semblent suivre la même cadence.» En entrevue avec Le Droit, la semaine dernière, la présidente de la commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement (CDTHE), Maude Marquis-Bissonnette, reconnaissait que le plan d’urbanisme renfermait bien peu de réponses à ce chapitre. Elle affirmait toutefois que l’administration municipale souhaitait augmenter ses efforts afin de mieux planifier les besoins en infrastructures publiques dans l’avenir.

La protection des arbres et des boisés demeure aussi une préoccupation pour les citoyens puisque le service de l’urbanisme a décidé de s’attaquer à cette question par le biais d’un exercice réglementaire extérieur au plan d’urbanisme. «Aucun échéancier ni plan de travail n’a été fourni pour rassurer les citoyens sur la réelle volonté de la Ville de réformer sa réglementation à ce niveau», reprochent les associations de résidents.

En conclusion, les associations appellent la Ville de Gatineau à se doter d’un organisme autonome de consultation publique pour les questions d’environnement, d’urbanisme et d’aménagement du territoire. «Gatineau doit établir un partenariat formel sur ces questions avec le public et l’ensemble des associations qui forme la société civile», estiment les associations. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, confirmait au Droit, il y a quelques jours, qu’un modèle d’office de consultation publique sera présenté au conseil pour adoption avant la fin de l’année 2020.