Des commerçants et des résidents de la rue Jacques-Cartier s’opposent à la fermeture de la rue à la circulation automobile.
Des commerçants et des résidents de la rue Jacques-Cartier s’opposent à la fermeture de la rue à la circulation automobile.

Plaidoyer pour la voiture sur la rue Jacques-Cartier

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
L’opposition s’organise à Gatineau pour mettre un terme au projet-pilote de transformation d’un tronçon de la rue Jacques-Cartier en voie réservée aux piétons et aux cyclistes. Jeudi, des commerçants et des résidents du secteur ont plaidé en faveur du retour des voitures, entre les rues Saint-Antoine et Prince-Albert.

Parmi eux, les propriétaires des restaurants Le Forum et le Sterling, la conseillère municipale Louise Boudrias, et d’autres citoyens, comme Daniel Lauzon, affirment souffrir de cette fermeture.

Le groupe soutient que les visiteurs, les clients, les personnes à mobilité réduite, ainsi que les paroissiens qui fréquentent l’église Saint-François-de-Sales, ne savent plus où donner de la tête.

«On ne peut quand même pas venir se marier ou célébrer un défunt à l’église, en circulant à vélo», a dit le président de la Fabrique de la paroisse St-François-de-Sales, Gaétan Cousineau.

Selon le front commun, le quartier est transformé en une sorte de labyrinthe qui désoriente les automobilistes.

«On a décidé de faire front commun avec des gens (dont des conseillers municipaux) provenant d’autres quartiers, dit le résident et notaire Daniel Lauzon. Lorsque la Ville a fermé ce tronçon, elle a dit qu’elle voulait favoriser la distanciation sociale à cause de la COVID-19. On s’est servi de cela pour faire passer un projet de rue piétonnière et cyclable. On n’a pas été consultés. Peut-être que la Ville a consulté deux ou trois personnes, mais pas moi ni les autres commerçants, en tout cas.»

Après les inondations (2017-2019), la réfection de la rue Jacques-Cartier (2013), et maintenant la pandémie, les commerces ont vu leurs chiffres d’affaires fondre comme neige au soleil. «On a besoin d’une pause», lance le propriétaire du Sterling, Nick Christaros.

Le propriétaire du restaurant Le Forum, Frank Bentivoglio, interpelle la conseillère de Pointe-Gatineau, Myriam Nadeau. Selon lui et d’autres opposants au projet-pilote, Mme Nadeau, du parti Action Gatineau du maire Maxime Pedneaud-Jobin, a fait preuve «d’intransigeance et refusé tous les changements proposés» par la communauté d’affaires.

Mme Nadeau n’a pas rendu l’appel du Droit, jeudi.

La conseillère indépendante Louise Boudrias veut faire reculer la Ville dans ce dossier. Elle tentera, mardi prochain, de déposer une résolution mettant un terme à ce projet 30 jours avant la fin prévue, soit le 1er septembre a lieu du 30.

La conseillère Louise Boudrias

«Je sais que j’aurais assez d’appuis (au moins 10) au conseil pour y parvenir, dit-elle. Mais avant, j’ai besoin des 2/3 (13 votes) du conseil municipal, seulement pour permettre de débattre de la résolution. J’espère qu’Action Gatineau aura le courage politique de débattre de la résolution sans la bloquer d’avance.»

Selon Mme Boudrias, le projet peut être modifié pour faire de ce tronçon un sens unique, ou de le fermer à certains moments précis de la semaine, comme c’est le cas sur la rue Principale, dans le secteur Aylmer.