Selon le porte-parole de Brigil, l’ex-maire Yves Ducharme, le dossier des tours de Place des peuples est à un tournant majeur.

Place des peuples «à la croisée des chemins»

L’ancien maire de Gatineau, Yves Ducharme, a « adoré » le débat de mardi, en comité plénier, sur la protection patrimoniale du quartier du Musée. « Un des meilleurs débats que j’ai vu au conseil, en tout cas depuis de nombreuses années », dit-il. Comme conseiller spécial de Brigil, il souhaite maintenant que ces discussions pavent la voie à des échanges constructifs concernant les paramètres du projet Place des peuples avec la Ville de Gatineau. Selon lui, la Ville et Brigil sont maintenant à la croisée des chemins dans ce dossier.

« On souhaite retrousser nos manches, se mettre le crayon entre les dents, faire des esquisses, travailler sur l’amplitude au sol, l’orientation, le basilaire, l’intégration avec le quartier à l’arrière, mais si la décision c’est non, pas plus de trois étages, on plis nos papiers et c’est terminé, lance M. Ducharme. La première décision que le conseil doit prendre c’est de dire oui, on est prêt à ce type d’investissement et oui on est prêt à rouvrir la réglementation sur les hauteurs. J’espère qu’on ne sera pas dans un dialogue de sourds entre aujourd’hui et le 28 août [vote du conseil sur la citation patrimoniale]. »

Pour le grand patron de Brigil, Gilles Desjardins, c’est là la question de fond, insiste M. Ducharme. Tant que cette décision-là ne sera pas prise, il n’est pas question pour Brigil de dépenser des sommes importantes pour produire d’autres études techniques. Le président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, Gilles Carpentier, a indiqué, mercredi matin, que le promoteur devra éventuellement fournir, entre autres, des plans d’architecture, des analyses de circulation, d’ombrage, d’impacts sur les vents, ou encore sur la composition du sol et la pression d’un tel projet sur les infrastructures municipales. « Quand on aura ça, le service de l’urbanisme pourra analyser l’ensemble du projet », a-t-il indiqué. 

M. Carpentier précise toutefois que Brigil a déposé tous les documents pour demander des changements au Plan particulier d’urbanisme et au plan d’urbanisme. En d’autres mots, une demande pour être en mesure de construire des bâtiments plus haut que trois étages prévus dans la réglementation actuelle. « C’est une occasion pour les deux parties de poursuivre le dialogue, a convenu M. Carpentier. Après ça, l’entrepreneur pourra voir s’il est toujours adéquat pour lui de déposer son projet [les autres documents demandés]. »

Le président du comité exécutif a de nouveau fait un appel à M. Desjardins et à ses collègues plus clairement en faveur des tours pour qu’ils prennent une pause de relations publiques dans ce dossier. « Cessons la politisation de ce projet, a-t-il insisté. Que le projet soit déposé à l’intérieur des règles d’urbanisme et nos services en feront l’analyse. Cessons de deviner ce qu’est ce projet ou ce qu’il pourrait être. Cessons la spéculation et travaillons avec du factuel. On parle d’un promoteur qui a une vaste expérience avec la Ville. Ce n’est pas un débutant. Les élus n’ont pas à intervenir à pieds joints avec les deux mains dans le dossier tant que le projet ne suit pas son cours. »

M. Ducharme précise qu’il est clair pour tout le monde que le projet des tours Brigil ne respecte aucune règle en place dans le secteur. Selon lui, la Ville et Brigil sont à la croisée des chemins. « Nous avons besoin d’une grande réflexion ouverte sur ce qu’on pourra faire, dit-il. On est ouvert, Brigil tend la main et veut s’asseoir avec tout le monde. J’ose espérer qu’on pourra maintenant s’asseoir et discuter des avantages de modifier le Plan particulier d’urbanisme et ouvrir les hauteurs pour permettre la construction d’un bâtiment à l’architecture iconique. »