Le réaménagement du boulevard Saint-Joseph a permis de mettre en lumière certains tiraillements entre les élus et l’administration municipale.

Piste cyclable: «un symbole» de la volonté du conseil municipal

Le réaménagement du boulevard Saint-Joseph a permis de mettre en lumière certains tiraillements entre les élus et l’administration municipale. Le dossier a provoqué passablement de friction entre les hauts fonctionnaires de la Ville et plusieurs élus qui reprochaient à l’administration d’ignorer la véritable volonté du conseil à l’égard de la nécessité d’aménager un lien cyclable. Il était évident, mardi, que toute la poussière n’était pas encore retombée.

« On ne le cachera pas, il y a eu des discussions importantes avec l’administration, il y a eu des débats, et c’est clair maintenant qu’il y avait de la place pour une bande cyclable », n’a pas manqué de rappeler la conseillère Maude Marquis-Bissonnette. 

« On passe de la parole aux actes, a ajouté la conseillère Audrey Bureau. Cette artère-là, les débats qu’il y a eu, ça fait de cette rue un symbole. »

La directrice du module de l’aménagement du territoire de la Ville de Gatineau, Catherine Marchand, a répété à plusieurs reprises, mardi, qu’il n’était pas approprié de parler d’une véritable « piste cyclable » dans le cas de Saint-Joseph parce que l’aménagement ne respecte pas tous les paramètres permettant son homologation. 

« Ce sera pour les cyclistes aguerris, a-t-elle insisté. Ce n’est pas une place pour aller avec la petite famille. On va inciter ces gens-là à utiliser la véloroute sur Berri. »

Le responsable du dossier vélo au conseil, Daniel Champagne, n’a pas semblé apprécier cette façon de présenter les choses. 

« Ce n’est pas juste pour les cyclistes aguerris, enlevons ça de notre vocabulaire, a-t-il lancé. C’est une bande de 1,5 m, dans une zone de 40 km/h avec une signalisation omniprésente. C’est très suffisant pour être confortable comme cycliste. » Le président d’Action vélo Outaouais, Daniel Varin, partage la conclusion de M. Champagne. Le conseiller Cédric Tessier a abondé dans le même sens en rappelant que la largeur de la bande cyclable de Saint-Joseph était la norme dans presque toutes les rues de Gatineau. 

Mme Marchand a par ailleurs précisé qu’il n’était pas prévu d’appliquer un marquage sur la chaussée permettant d’identifier clairement l’accotement comme une bande cyclable afin de ne pas donner un faux sentiment de sécurité aux cyclistes. 

« L’argument de nos services n’est pas clair pour moi, a affirmé Mme Marquis-Bissonnette. Pourquoi c’est si compliqué d’avoir du marquage dans la bande cyclable ? Il faudra se pencher là-dessus dans les prochains mois. »

M. Champagne a ajouté que son attention se dirigeait maintenant vers le réaménagement de la rue Notre-Dame, dans le secteur Gatineau. « On va s’assurer que cette rue-là aussi soit une rue complète, a-t-il dit. Ce sont les élus qui prennent les décisions. Nous le disons à l’avance, nous voudrons une rue complète c’est absolument fondamental. »

SUBVENTIONNER LES VÉLOS ÉLECTRIQUES

Le responsable du dossier vélo au conseil municipal, Daniel Champagne, explore présentement la possibilité pour la Ville de Gatineau de s’inspirer de Laval qui a récemment annoncé une aide financière de 400 $ pour les citoyens qui feront l’achat d’un vélo à assistance électrique. 

«Je suis en exploration pour l’instant, a-t-il dit. J’ai demandé à mon agent de recherche d’analyser ce que ça pourrait représenter comme investissement pour la Ville. Je considère que ce que fait Laval est une excellente idée. Ça deviendra un incitatif important pour les cyclistes qui souhaitent faire plus de vélo utilitaire. Si on souhaite doubler la part modale du vélo d’ici 2031, il faut réfléchir à des initiatives comme celle-là.»