Trois pistes de solutions philanthropiques liées au financement des bibliothèques seront proposées au conseil municipal mardi par la conseillère Audrey Bureau.
Trois pistes de solutions philanthropiques liées au financement des bibliothèques seront proposées au conseil municipal mardi par la conseillère Audrey Bureau.

Philanthropie pour les biblios de Gatineau: Audrey Bureau revient à la charge

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
La conseillère Audrey Bureau est revenue à la charge devant le conseil, mardi, pour convaincre la Ville de Gatineau de se doter d’outils philanthropiques pour financer son réseau de bibliothèque, mais aussi l’installation de mobilier urbain commémoratif et le reboisement des parcs.

Revenue emballée d’une visite à Varennes, à l’hiver 2019, où une campagne de sociofinancement avait permis d’amasser 2,3 millions $ pour la construction d’une nouvelle bibliothèque, la conseillère Bureau avait lancé l’idée de faire la même chose à Gatineau pour financer une partie de la construction de la nouvelle bibliothèque Lucy-Faris. Elle avait toutefois dû essuyer un refus de la part du comité exécutif, quelques mois plus tard. Le président du comité, Cédric Tessier, avait alors soulevé des craintes par rapport à l’impact négatif que cela pourrait avoir sur la recherche de financement des organismes et autres fondations sur le territoire de Gatineau. 

La conseillère Bureau n’a toutefois pas lancé la serviette et a entrepris, dans la dernière année, de documenter ses propositions. «J’ai présenté le résultat de mes recherches au conseil, dit-elle. J’ai étudié différents types de philanthropie municipale que j’ai analysé tant au Québec qu’au Canada et ailleurs dans le monde.» 

Ainsi, trois pistes de solutions philanthropiques ont été proposées au conseil municipal mardi. Mme Bureau a demandé aux élus de donner le mandat à l’administration d’en faire une analyse plus poussée à temps pour l’étude du budget en novembre prochain.

Fondation

«La première piste que je propose est de créer une fondation pour le financement de notre réseau de bibliothèque, explique-t-elle. L’argent pourrait autant servir à la construction de nouvelles bibliothèques qu’à l’amélioration de celles qui sont déjà existantes.» 

À Calgary, la Public Library Fondation a amassé 47 millions $. Des exemples plus modestes ont aussi été répertoriés comme à Rouyn-Noranda ou la fondation de la bibliothèque municipale a amassé plus d’un million de dollars en 15 ans, ou encore à Saint-Lambert, où la Fondation les Amis de la bibliothèque a pu récolter 1,2 million $ depuis le début des années 2000, avant de recevoir un don de 12 millions $ d’un citoyen en 2013. 


« La première piste que je propose est de créer une fondation pour le financement de notre réseau de bibliothèque. L’argent pourrait autant servir à la construction de nouvelles bibliothèques qu’à l’amélioration de celles qui sont déjà existantes. »
Audrey Bureau, conseillère municipale du district d'Aylmer

Bancs publics

Mme Bureau propose aussi que la Ville analyse la possibilité de mettre en place un programme où les citoyens pourraient faire l’achat de mobilier urbain ou d’un arbre commémoratif dans les lieux publics de la ville. Dans les villes où c’est possible de le faire, le prix peut varier de 300 $ à 3000 $ pour les arbres et de 900 $ à 6000 $ pour un banc public. De nombreuses villes au Québec et au Canada offrent cette possibilité à leurs citoyens.

«Ce qui est intéressant pour les gens ce sont surtout les bancs publics, dit-elle. Le design du banc et les emplacements disponibles pour les installer sont déterminés par la Ville. Une espèce de carte est ensuite mise à la disposition des citoyens et ils peuvent décider d’investir dans un banc ou un arbre commémoratif à un endroit précis. Habituellement, c’est accompagné d’une plaque qui explique que c’est en mémoire de quelqu’un ou que c’est un don d’une famille.»

La dernière solution proposée par Mme Bureau est de nommer des édifices ou des salles qui sont de propriété municipale au nom d’une compagnie ou d’un donateur. L’ancienne Ville de Gatineau avait créé un précédent dans le domaine en nommant Bowater, la bibliothèque qui se nomme aujourd’hui Guy-Sanche. Cela avait permis à la l’ancienne ville de récolter 300 000 $ pour une période de dix ans. Là aussi, les exemples au Québec sont très nombreux. Pour une municipalité, cela peut parfois représenter plusieurs millions de dollars.

«Il y a clairement des opportunités financières importantes, insiste Mme Bureau. On est toujours très dépendant de la taxe foncière à Gatineau. La philanthropie est une façon de s’affranchir un peu de ça, mais il faut accepter d’innover et de trouver de nouvelles façons d’aller chercher de l’argent.»