La Ville de Gatineau souhaite changer sa stratégie pour l’asphalte lors de l’étude du prochain budget.
La Ville de Gatineau souhaite changer sa stratégie pour l’asphalte lors de l’étude du prochain budget.

Pedneaud-Jobin veut changer de stratégie pour l’asphalte

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Le conseil municipal semble s’être rendu à l’évidence que sa stratégie en place depuis des années pour la réfection des rues n’est pas des plus efficaces. La Vérificatrice générale de la Ville de Gatineau a probablement convaincu les derniers défenseurs de la stratégie actuelle, la semaine dernière, avec son plus récent rapport. Un changement de cap est sur le point de s’effectuer. 

«Oui, on veut changer notre stratégie pour l’asphalte lors de l’étude du prochain budget, confirme au Droit le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Est-ce qu’on va appliquer ça en 2021 ou en 2022, je ne sais pas, mais oui il faut qu’on fasse dès maintenant ce virage-là. Ça pourrait d’abord être un virage budgétaire qu’on ferait en novembre, mais qui s’appliquerait sur le terrain un peu plus tard.»  Le maire ne souhaite pas précipiter cette correction des façons de faire en raison des projets déjà en branle, trop avancés et dont l’abandon ne représenterait qu’une perte d’argent et d’énergie. 

C’est là que la fameuse «lichette» dont il a abondamment été question lors de l’étude du budget 2020 refait surface. Cette technique qui consiste à étendre une mince couche d’asphalte sur une artère endommagée est utilisée par plusieurs municipalités pour prolonger la durée de vie de leurs rues. La Vérificatrice générale soulignait aussi dans son rapport qu’une stratégie plus axée sur la prévention et l’entretien permettrait de faire économiser 15 % à la Ville dans ce type de dépenses. «On met près de 30 millions $ [27,9 M $ en 2019] en asphalte par année. Si on réinvestit ces économies dans l’asphalte, ça représente beaucoup de travaux de plus.»

La Vérificatrice générale de la Ville de Gatineau, Johanne Beausoleil

Le maire entend toutefois déjà ses détracteurs l’accuser d’utiliser ce changement de cap à des fins électorales. «Notre objectif n’est pas de bien paraître, lance-t-il, mais de prendre des mesures pour améliorer la qualité de vie des gens sur une rue. Il y a une différence entre faire quelque chose de superficiel pour gagner des élections et faire une intervention sérieuse qui fait gagner dix ans à une rue. Si on fait de la lichette pour gagner des élections et que cinq ans après on est revenu au même point, on n’aura pas aidé les Gatinois. Il faut faire de bonnes analyses parce qu’avec la lichette il y a un danger de flirter avec le populisme et les manœuvres électorales.»

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