Le maire Maxime Pedneaud-Jobin

Pedneaud-Jobin reconnaît les problèmes internes à la Ville de Gatineau

Loin de nier et de fermer les yeux sur les problèmes qui minent le climat de travail, à l’interne, dans certains services de la Ville de Gatineau, le maire Maxime Pedneaud-Jobin reconnaît, sans faux-fuyant, que la situation est « fragile » à l’urbanisme et « extrêmement préoccupante » au service des arts et de la culture.

Une bonne partie de la conférence de presse de rentrée du maire, mercredi, a porté sur les révélations faites par Le Droit, plus tôt en matinée. M. Pedneaud-Jobin a dit être d’accord avec les observations partagées par la présidente du Syndicat des cols blancs, Geneviève Carrier, ainsi que par plusieurs employés qui ont souhaité conserver leur anonymat. Le maire a même tenu à s’adresser directement aux employés, lors de la conférence de presse, pour leur dire que leur qualité de vie et leur capacité à bien travailler sont des éléments « extrêmement importants » pour son administration. « Le bien-être de nos employés c’est une préoccupation permanente pour les élus, la direction générale et le comité exécutif », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne le service des arts et de la culture, qui a été le plus vivement critiqué par les employés qui ont interpellé Le Droit, le maire de Gatineau a reconnu que la restructuration qui y a été faite est un échec et que la direction générale porte une attention particulière à ce service quant à la charge de travail, la structure du service et les différents enjeux de ressources humaines. 

« C’est extrêmement préoccupant ce qui se passe là, a-t-il affirmé. Le service des arts est peut-être celui où c’est le plus difficile présentement à la Ville. Ç’a été écrit et dit, il y a eu des enjeux d’encadrement, il n’y a pas eu de direction pendant une longue période. La pénurie de personnel frappe là aussi. La charge de travail est importante. La restructuration qu’on a faite n’a pas donné les résultats qu’on espérait. Ce service a aussi été en période de compressions. On a combiné des tâches pour atteindre nos objectifs de réduction, mais dans ce service, les choix qu’on a faits n’ont pas donné les résultats qu’on voulait et ç’a été difficile à vivre pour les employés. Il faut trouver une façon de les sortir de ça. »

Urbanisme

Le maire Pedneaud-Jobin reconnaît aussi que la situation demeure particulièrement difficile à l’urbanisme, mais il affirme que les enjeux qui touchent ce service sont très différents de ceux qui minent le climat de travail au service des arts et de la culture. « Non seulement je reconnais ces situations-là, mais elles sont connues et nous sommes en action pour tenter de les corriger », a-t-il souligné. 

À l’urbanisme, 86 % des employés ont vécu des modifications dans leur description de tâche, a noté M. Pedneaud-Jobin. La restructuration a donné des effets positifs en améliorant la capacité de livrer de ce service qui était auparavant vu comme sous-performant et désorganisé. « La difficulté à l’urbanisme, c’est la charge de travail, a-t-il dit. C’est le service qui a eu le choc le plus dur après la tornade et les inondations. Au moment où on se retrouvait en pénurie, on se retrouvait en même temps avec une charge de travail plus grande. »

Le maire affirme qu’il y a aujourd’hui moins de postes vacants que dans les derniers mois, mais il admet que ce service demeure « fragile » à l’heure actuelle. 

« Je suis conscient que c’est difficile, a-t-il insisté. J’ai énormément de respect pour ces employés-là qui ont été pilonnés. Ils ne l’ont vraiment pas eu facile dans les dernières années, mais on est en train de se sortir la tête hors de l’eau. C’est un service sur lequel les politiciens, la direction générale et la communauté mettent beaucoup de pression pour que les projets sortent. Quand la présidente des cols blancs dit que c’est un service qui est fragile, je suis tout à fait d’accord. On reste vigilant, je n’exclus rien pour continuer de les aider. On veut que les gens puissent travailler dans des conditions normales. »

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La solution est dans la réorganisation du travail, selon Louise Boudrias

Même si plusieurs services municipaux ont fait l’objet de réorganisation au cours des dernières années, la solution aux problèmes qui minent le climat de travail dans certains services de la municipalité réside encore dans la réorganisation du travail, estime la conseillère Louise Boudrias. 

Toujours en réflexion quant à la possibilité de briguer la mairie en 2021, Mme Boudrias est d’avis que l’administration municipale doit se soumettre à un « diagnostic organisationnel » de l’ensemble de sa fonction publique. « On ne peut pas tout mettre sur le dos de la pénurie de la main-d’œuvre, dit-elle. C’est une réalité, oui, mais il faut aussi regarder notre structure organisationnelle. Un diagnostique fait à l’externe permettrait d’avoir un portrait de l’ensemble de nos services, de notre niveau de performance et de trouver une manière de mieux réorganiser nos services. »

Mme Boudrias salue l’honnêteté du maire Maxime Pedneaud-Jobin qui a reconnu, mercredi, les problèmes internes au sein de son administration. 

« Ces situations sont connues depuis un bout de temps, note-t-elle. Mais si c’est si urgent de les régler, pourquoi n’avons nous pas encore terminé notre plan de main d’œuvre ? On le voit bien, on a de la difficulté à recruter et à garder ceux qui restent. On doit se poser des questions. Pourquoi tant de nos employés partent prématurément à la retraite ? Quelle organisation fait des restructurations sans impliquer ses employés, comme nous l’avons fait au service des arts et de la culture ? Pourquoi il s’est passé deux et trois ans avant qu’on puisse remplacer le directeur du service des arts et le directeur de l’urbanisme ? Ça ne devrait pas être si long de remplacer des gens dans des postes aussi importants. »

Si elle était mairesse en ce moment, Mme Boudrias affirme qu’elle lancerait un vaste sondage sur la satisfaction des employés municipaux. Le dernier du genre remonte à 2016. 

« Avec ça, on pourrait rapidement identifier les secteurs problématiques, faire des rencontres avec les employés et on pourrait trouver des solutions rapidement pour régler ce qui ne fonctionne pas », dit-elle.