Environ 300 personnes se sont rassemblées aux abords de la forêt Deschênes dans le secteur Aylmer lundi pour signaler à la Ville de Gatineau l’importance de préserver l’écosystème.
Environ 300 personnes se sont rassemblées aux abords de la forêt Deschênes dans le secteur Aylmer lundi pour signaler à la Ville de Gatineau l’importance de préserver l’écosystème.

Pedneaud-Jobin recommandera la protection complète de la forêt Deschênes

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, proposera au conseil municipal, mardi, d’abandonner pour de bon la vente de la forêt Deschênes, à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne, et de protéger intégralement la totalité du terrain.

«Les citoyens nous demandent de le garder et de ne pas le développer, a-t-il rappelé, lundi, en marge d’une conférence de presse à Aylmer. Je pense qu’on devrait entendre ce message-là. Je ne sais pas ce que le conseil va décider mardi, mais moi je pense qu’on ne devrait pas le vendre et le protéger au complet.»

Cette déclaration du maire de Gatineau devrait sonner comme de la musique aux oreilles des dizaines de citoyens et d’associations de résidents qui ont maintenu la pression sur la Ville depuis que cette dernière a annoncé, en mars, qu’elle souhaitait vendre ce terrain pour financer l’achat d’un autre terrain dans le Plateau devant accueillir le futur complexe multiglaces de l’ouest.

Devant la grogne populaire, le maire avait bloqué le processus de vente le temps que le conseil puisse obtenir toute l’information pertinente dans ce dossier. «Même si au sens strict il y a des bouts de ce terrain qui sont développables au moment où on se parle, il y a peut-être un intérêt au niveau environnemental de le protéger pour toujours», a-t-il ajouté, en citant en exemple la chênaie qu’abrite ce terrain et qui continue de prendre de l’expansion.

M. Pedneaud-Jobin admet quand dans ce dossier, la Ville aurait pu avoir une vision «un peu plus stratégique». Il a tenu à rappeler que, selon lui, «l’administration n’a rien caché aux élus, elle a fait son travail, elle a transmis l’information pertinente dans le cadre qui était le sien». Ce cadre cité par le maire est cependant appelé à changer.

«Ça va faire partie de la résolution présentée mardi, a-t-il ajouté. Dorénavant, quand on voudra vendre un terrain, on va faire des analyses qu’on ne faisait pas avant, notamment pour voir s’il n’y a pas un intérêt collectif là-dedans.»

Manifestation

Les défenseurs de la forêt Deschênes n’entendent toutefois pas crier victoire trop rapidement. Une manifestation en appui à la protection du terrain a eu lieu aux abords de la forêt, lundi sur l’heure du souper. 

Coordonnatrice d’un regroupement de citoyens, d’associations et de professionnels qui s’opposent à la vente de la forêt Deschênes, France Gagnon a indiqué que l’organisation est «super contente» des appuis qu’elle reçoit de plusieurs conseillers municipaux dans ce dossier.

«Nous avons travaillé fort jusqu’au bout pour en arriver là, alors on accueille ces prises de position publiques très favorablement. Nous sommes très contents, mais on maintient le cap parce qu’ils sont 19 autour de la table à voter mardi. Donc on veut que notre message soit entendu par les 18 conseillers et M. le maire», a partagé Mme Gagnon lors de la manifestation citoyenne tenue lundi à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne.

Environ 300 personnes se sont rassemblées aux abords de la forêt Deschênes dans le secteur Aylmer lundi pour signaler à la Ville de Gatineau l’importance de préserver l’écosystème.

Le conseiller du district de Deschênes, Mike Duggan, s’est montré prudent lundi sur l’issue du vote.

«On ne veut pas faire des malédictions, mais j’ai parlé à M. le maire et j’ai parlé à tous les indépendants et entre nous on a la vaste majorité d’appuis pour enlever la forêt du marché de façon permanente et de la désigner comme un espace écologique», a avancé M. Duggan lors de la manifestation qui a attiré quelque 300 citoyens.

Jennifer Mason, une résidente du quartier, s’est présentée à la manifestation pour ajouter sa voix à la préservation des espaces verts à Gatineau.

«La Ville peut prendre une décision pour sauvegarder les terrains pour les générations futures et pour garder la nature entière, ici à Gatineau», a-t-elle expliqué.

France Gagnon a tenu à préciser que la forêt Deschênes en est une de riche biodiversité et qu’elle est un territoire avec un potentiel archéologique.

«Ce n’est pas un boisé à développer, c’est un boisé de conservation», a-t-elle résumé.

Avec Charles-Antoine Gagnon