Dix-sept districts sur 18 ont privilégié Maxime Pedneaud-Jobin pour la mairie.

Pedneaud-Jobin bon premier

Les résultats électoraux ventilés par district montrent que sur les cinq candidats qui briguaient la mairie de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin a obtenu le plus de votes dans 17 des 18 districts de la ville.

Les données détaillées publiées par la Ville permettent d’apprendre que seuls les électeurs de Touraine ont été plus nombreux (49,8 %) à accorder leur vote à la mairie à Denis Tassé, conseiller sortant du district, ne laissant que 31,3 % des voix au chef d’Action Gatineau.

Si tous les électeurs ayant voté pour Maxime Pedneaud-Jobin à la mairie avaient aussi donné leur voix au candidat de son parti dans leur district, la majorité à la table du conseil aurait ainsi été à portée de main pour Action Gatineau.

Dans les districts de Lucerne et Manoir-des-Trembles-Val-Tétreau, la proportion de votes obtenus par les indépendants ayant été élus conseillers dimanche soir est inférieure à celle accordée à M. Pedneaud-Jobin pour la mairie. La porte était donc ouverte pour qu’un candidat d’Action Gatineau y soit élu si un vote pour le chef avait automatiquement signifié un vote pour le parti à l’échevinage.

C’est dans le district de Buckingham, là où il demeure, de même que dans Manoir-des-Trembles-Val-Tétreau que Maxime Pedneaud-Jobin aura récolté son plus fort taux de votes, soit 57,7 %. Le chef d’Action Gatineau a également recueilli plus de la moitié des voix exprimées pour la mairie dans trois autres districts : Limbour, l’Orée-du-Parc et le Plateau.

L’écart est toutefois parfois très grand entre le résultat obtenu à la mairie par le chef du seul parti politique de la scène municipale gatinoise et le candidat de son équipe. C’est notamment le cas dans le district d’Aylmer, où l’indépendante Audrey Bureau a remporté un siège avec une forte majorité de 76,6 %. Le maire Pedneaud-Jobin a récolté près de 44 % des appuis dans ce district, mais son candidat François Sylvestre n’a même pas franchi la barre des 20 %.

La situation inverse a été observée dans trois districts, alors que les candidats d’Action Gatineau – dont deux ayant été élus – ont obtenu plus de votes que leur chef. L’écart est imposant dans Pointe-Gatineau, où la conseillère sortante d’Action Gatineau, Myriam Nadeau, a été réélue avec 60,3 % des voix alors que seulement 39,6 % des électeurs du district ont voté pour le chef de son parti pour la mairie.

Une similitude entre la confiance accordée à Maxime Pedneaud-Jobin et à son candidat a tout de même été observée dans certains districts. Il y a en effet moins de deux points de pourcentage qui séparent la proportion de votes obtenus par le chef d’Action Gatineau et celle des voix recueillies par le candidat du parti dans Deschênes, l’Orée-du-Parc, Bellevue, Lac-Beauchamp et Buckingham.

La réaction du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, traduit le malaise et l’inquiétude de toute la classe politique gatinoise à la suite du taux de participation famélique (38,7 %) de l’élection de dimanche.

« LE PROBLÈME EST PROFOND » - MAXIME PEDNEAUD-JOBIN

« Les gouvernements locaux prennent de plus en plus d’importance dans les faits, dans le quotidien et dans les pouvoirs qui sont à leur disposition, mais c’est comme si dans la tête des citoyens, ça restait un gouvernement pas important, qui ne mérite même pas qu’on se mobiliser pour aller voter. »

La réaction du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, traduit le malaise et l’inquiétude de toute la classe politique gatinoise à la suite du taux de participation famélique (38,7 %) de l’élection de dimanche. 

Tous les élus et candidats avec qui Le Droit s’est entretenu dans les 48 dernières heures dénoncent la situation, mais semblent à court de solutions. 

« Si le citoyen ne se déplace pas pour voter, c’est parce qu’il ne sent pas l’importance d’y aller, poursuit M. Pedneaud-Jobin. C’était pourtant une belle campagne, avec beaucoup d’enjeux mis sur la table, mais on n’a pas réussi à convaincre les électeurs qu’il y avait un enjeu qui valait la peine d’aller voter et pour moi, il y a une réflexion à faire. Je n’ai pas de solution à proposer, comme ça, le lendemain matin du vote, mais c’est ma grande déception de toute la soirée électorale. J’étais convaincu qu’on allait faire avancer la participation et elle a reculé. Le problème est profond et il n’est pas unique à Gatineau. »