Pas de grève des éboueurs... pour l’instant

À court terme, la collecte des matières résiduelles à Gatineau ne risque plus d’être perturbée par une grève. Mais cette menace est loin d’être écartée pour autant puisque le syndicat représentant les 80 employés de Derichebourg a quitté la table des négociations et « évalue ses options ».

Les membres de la section locale 80 d’Unifor se sont retirés des pourparlers en fin de journée jeudi, affirmant que l’employeur doit « entendre raison et s’engager à négocier sérieusement afin de résoudre les points en litige ».

Les négociations achoppent notamment sur la rémunération, les heures supplémentaires, les jours fériés et le choix des routes par ancienneté. Certains autres éléments sont réglés, mais rien de majeur, indique-t-on. 

« Nous sommes encore à la case départ. L’employeur ne comprend pas ce qui se passe avec les éboueurs, tout simplement. Pourtant, on ne demande pas la lune, personne ne demande quelque chose d’épouvantable. Et ce ne sont surtout pas des salaires à se péter les bretelles. C’est un emploi qu’on doit valoriser, pas dévaloriser », note le représentant syndical, Normand Nault.

Le syndicat, qui tente de signer une première convention collective pour les employés de Derichebourg à Gatineau, affirme que « son plus grand souhait » est d’en arriver à une entente négociée et qu’il est prêt à revenir s’asseoir à la table n’importe quand. 

En attendant, même s’il a en main un mandat de grève voté par 90 % des membres, Unifor garde cette carte dans sa manche pour quelques jours et rencontrera les syndiqués la semaine prochaine pour se concerter et déterminer quelles actions seront prises. 

« Nous évaluons présentement toutes les options. [...] On ne veut pas prendre de décision sans les consulter », de dire M. Nault, qui précise que la dernière offre patronale n’était pas acceptable. 

Le syndicat répète qu’il est anormal que les éboueurs soient payés à peine plus de 13 $ l’heure pour un travail aussi exigeant.

« Les salaires sont beaucoup trop bas. C’est un travail fatigant et exigeant alors que les travailleurs sont en plus soumis aux intempéries. C’est long 10 heures par jour sous la neige, le froid, la pluie, la chaleur ou le soleil à courir pour ramasser des ordures. [...] Nous avons un taux de roulement à 200 %, ne vous demandez pas pourquoi », déplore Normand Nault, ajoutant que l’entreprise a recours à des agences de placement pour combler son manque de personnel. « La sous-traitance qui tire les conditions de travail vers le bas doit avoir des limites », indique le représentant syndical.

Unifor rappelle également que sous la gouverne de l’entreprise Waste Management, qui détenait le précédent contrat avec la Ville de Gatineau, les salariés gagnaient 15 $ l’heure, un taux qui va d’ailleurs être haussé à plus de 16 $ en janvier prochain. Les chauffeurs de cette entreprise, quant à eux, toucheront bientôt 22 $ l’heure. 

Rappelons cependant que comme l’enlèvement des ordures ménagères est assujetti dans une certaine mesure à la Loi sur les services essentiels, il ne pourra y avoir en cas de débrayage une interruption complète du service de ramassage des matières résiduelles. Le syndicat doit envoyer un préavis de sept jours ouvrables à l’employeur. 

Les parties devraient s’entendre sur les services à maintenir. 

Le géant Derichebourg s’est vu en 2016 octroyer par la Ville de Gatineau un contrat valide de 2017 à 2021 pour la collecte des matières résiduelles. 

L’entente de 45 millions $ inclut aussi trois années additionnelles en option.