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Le parc Jardins-Lavigne, où rappelons-le les compagnons à quatre pattes peuvent se promener sans laisse, est le seul sur le territoire gatinois qui est enclavé dans un quartier résidentiel.
Le parc Jardins-Lavigne, où rappelons-le les compagnons à quatre pattes peuvent se promener sans laisse, est le seul sur le territoire gatinois qui est enclavé dans un quartier résidentiel.

Parc Jardins-Lavigne: des résidents exaspérés par la Ville de Gatineau

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
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Avec la modification prochaine de la réglementation municipale, le débat sur les parcs à chiens a fait les manchettes à Gatineau dans les dernières semaines. Mais pour des citoyens qui habitent à proximité du parc Jardins-Lavigne, dans le secteur Aylmer, l'enjeu est loin d'être tout juste apparu sur l'écran radar, eux qui déplorent l'inaction de la Ville et jugent «qu'elle ne met pas ses culottes».

Ce parc à chiens, où rappelons-le les compagnons à quatre pattes peuvent se promener sans laisse, est le seul sur le territoire gatinois qui est enclavé dans un quartier résidentiel, plaident-ils, affirmant que cette réalité vient avec plusieurs inconvénients qui dérangent au quotidien. 

«Quand nous avons emménagé ici, en 2000, il n'y avait pas de bassin de rétention (section où se situe le parc à chiens). Il n'y avait que la Forêt Boucher derrière et c'était un espace où les gens faisaient de raves. Puis, ç'a disparu et ce n'était plus un problème. Lorsque la ville a construit le bassin, après avoir déboisé, il y avait déjà des propriétaires de chiens qui s'y rendaient de façon illégale, car il s'agissait de terrains privés. Il n'y avait aucune signalisation, personne n'était là pour leur dire de pas y aller. Puis, lors de son porte-à-porte à l'élection de 2013, M. Duggan (conseiller municipal de ce district à l'époque) m'avait demandé si les chiens me dérangeaient. Ma réponse avait été que ce n'était pas suffisant pour que ce soit problématique. Mais là, depuis trois ou quatre ans, ç'a changé. On s'en plaint régulièrement», lance Richard Paiement.

Le résident de l'avenue du Bois-Franc soutient que parmi les nuisances, celle qui est au sommet de sa liste s'avère le bruit. 

«Ce qui est le plus dérangeant, dans notre cas, ce sont les aboiements. Si on a le malheur d'avoir la fenêtre de la chambre ouverte derrière la maison, on se fait réveiller à 5h30 ou 6h le matin la fin de semaine. Ça jappe à n'importe quelle heure. Je n'ai rien contre les chiens, c'est probablement un endroit idéal pour eux, sauf qu'on a beau se plaindre à la Ville, elle dit qu'elle ne peut appliquer son règlement sur le bruit, car on ne peut pas savoir vers qui aller sur place. Ça me suggère que ce n'était peut-être pas l'endroit pour faire un parc à chiens», dit le Gatinois.

Richard Paiement, résident de l'avenue du Bois-Franc

Il y a quelques semaines, alors qu'il profitait de sa cour avec sa conjointe, un Golden Retriever est arrivé de nulle part.

«Je n'ai pas peur des chiens, sauf qu'ils doivent être sous le contrôle de leur maître en tout temps, c'est exactement ce que la règlementation dit et je m'attends à ce que la Ville la fasse respecter, mais elle ne le fait pas. J'en veux à la Ville. Dans le dossier des parcs à chiens, elle s'est réveillée trop tard et a mal fait sa job de communications, comme d'habitude. Clôturer les parcs, c'est un début de solution, mais ça ne règle pas tout. Encore faut-il qu'à l'extérieur de la zone, on fasse respecter les règles, par exemple avec des agents du Contrôle animalier la fin de semaine», explique M. Paiement.

En avril, Gatineau a annoncé que trois des quatre parcs à chiens dont celui-ci allaient être clôturés pour se conformer à la réglementation provinciale en vigueur depuis un an. En contrepartie, de nouveaux parcs à chiens de proximité pourraient être aménagés dans le futur.

Exaspéré surtout par «l'inaction» de l'administration municipale mais disant malgré tout sympathiser avec les propriétaires de chiens qui ne veulent pas «perdre» cet espace, il affirme avoir entrepris des démarches auprès du Bureau de l'ombudsman et dit avoir espoir car il semble, dit-il, y avoir une volonté politique pour agir. 

«Ce n'est pas une question d'être dans un camp ou l'autre, de détester les chiens ou non. Il faut qu'il y ait de la place pour tout le monde, que chacun respecte l'autre. Il y a une polarisation des opinions», conclut-il.

Fini les avertissements, dit une citoyenne

Une autre résidente du quartier, qui a préféré ne pas être identifiée, ne mâche pas ses mots envers la Ville de Gatineau, qui selon elle «ne met pas ses culottes et se dote d'un règlement mais ne se donne pas les moyens de le faire appliquer». 

«Parmi les quatre parcs à chiens, c'est celui qui a l'incidence la plus négative. Il est en plein milieu d'un quartier, alors que les autres n'ont pas de maisons à proximité et ont aussi amplement d'espaces de stationnement. Il y a aussi le risque pour les enfants, car le parc à chiens est adjacent à des jeux d'eau et à des structures de jeux. C'est le clou sur lequel je tape depuis le début. Il y a des chiens qui s'égarent. Il y a un risque réel. [...] Le personnel du contrôle animalier n'est pas là après 15h, soit à partir du moment où la majorité des gens sont sur place, et lorsqu'on fait une plainte au 311, il n'y a pas de suivi», lance la dame, parlant d'un problème «de sécurité publique». 

Plaidant qu'une entrée permettant d'accéder à la Forêt Boucher et au parc à chiens aurait dû être aménagée grâce à un prolongement de la rue Samuel-Edey, plus à l'est, elle affirme que le stationnement est un autre problème majeur lors de journées achalandées.

«Juste dans le stationnement et en bordure des rues avoisinantes, il peut y avoir jusqu'à 200 véhicules. Et ce ne sont pas juste des résidents du coin, il y a beaucoup de gens de l'Ontario qui viennent ici car c'est plus près pour eux», dit-elle.

Selon la citoyenne, qui s'étonne de voir qu'aucune contravention n'a été donnée au cours de la dernière année pour le non-respect de la réglementation sur les chiens tenus en laisse, la patience a ses limites et il est plus que temps que la Ville cesse d'être en mode sensibilisation. 

«Ça fait des années qu'on fait des représentations. [...] Est-ce que le droit des propriétaires de chiens doit passer au-dessus des droits des citoyens qui veulent se promener en tout quiétude? Je pense que poser la question c'est y répondre», déplore-t-elle.