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Gatineau consolide de plus en plus sa place de leader au Québec en matière de cybersécurité et d’identité numérique.
Gatineau consolide de plus en plus sa place de leader au Québec en matière de cybersécurité et d’identité numérique.

Ottawa investit 3,2 M$ dans la cybersécurité à Gatineau

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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Gatineau consolide de plus en plus sa place de leader au Québec en matière de cybersécurité et d’identité numérique. Le Droit a appris que la ministre de Développement économique Canada (DEC), Mélanie Joly, annoncera, ce vendredi matin, un investissement de 3,2 millions $ pour participer à l’essor de cette grappe industrielle en pleine ascension.

La Laboratoire d’identité numérique du Canada reçoit une somme de 1,5 million $ pour accélérer l’innovation dans ce secteur et offrir des services aux entreprises québécoises et canadiennes qui voudront faire tester leurs technologies. Le Centre collégial de transfert des technologies (CCTT) CyberQuébec du Cégep de l’Outaouais obtient pour sa part 900 000 $ pour faire l’acquisition d’équipements informatiques hautement sécurisés qui viendront renforcer ses capacités d’innovation et de transfert technologique vers les entreprises. L’organisme In-Sec-M pourra renforcer sa compétitivité en offrant de l’accompagnement à 150 entreprises souhaitant obtenir la certification «Cybersécuritaire Canada» grâce à un montant de 820 000 $. 

«Le but de ces investissements est vraiment de positionner Gatineau dans le secteur de la cybersécurité, a indiqué la ministre Joly en entrevue avec Le Droit. On se concentre depuis deux semaines sur les industries clés dans les régions stratégiques du Québec. On a annoncé 16 millions $ dans 34 entreprises et on croit vraiment que ce qui peut changer la donne à Gatineau et en Outaouais c’est le domaine de la cybersécurité. On fait des investissements structurants pour créer une grappe industrielle dans ce domaine. Ça va donner les leviers nécessaires pour aider les entreprises qui voudront elles aussi investir, recruter et former des travailleurs, et ultimement prendre des risques en innovant et en créant des emplois.» 

Le président d’In-Sec-M, Antoine Normand voit ces nouveaux investissements en cybersécurité comme une façon pour le gouvernement de consolider les pièces du casse-tête qui composeront la future zone d’innovation de Gatineau. «Le gouvernement fédéral vient nous dire qu’il comprend notre stratégie et qu’il l’appuie», dit-il.


« Il y a une course mondiale pour le talent et l’ingénierie, et que Gatineau se taille une place à l’intérieur de ça c’est très prometteur. »
Steven MacKinnon

L’avenir est plus que prometteur pour la zone d’innovation de Gatineau. Le gouvernement fédéral s’apprête à investir massivement pour rattraper son retard en matière de cybersécurité et d’identité numérique. Les agences gouvernementales, le Centre canadien de la cybersécurité, les agences de renseignement, la Gendarmerie royale du Canada, le centre de Services partagés Canada qui a une responsabilité de surveillance des réseaux numériques ou encore la Défense nationale; les plus grands donneurs d’ordres dans le domaine sont à un jet de pierre, de l’autre côté de la rivière des Outaouais. 

«J’ai toujours dit que l’Outaouais pouvait mieux tirer son épingle du jeu avec un gouvernement fédéral qui dépense autant de milliards en contrats d’approvisionnement, lance le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon. Il s’agissait d’identifier le bon créneau et la cybersécurité est nettement riche en potentiel et en avenir. Les sociétés démocratiques ne sont pas près de faire le plein des expertises dans ce domaine. Il y a une course mondiale pour le talent et l’ingénierie, et que Gatineau se taille une place à l’intérieur de ça c’est très prometteur. C’est un domaine où par définition les investissements sont rapidement convertis en activité sur le terrain. La cybersécurité évolue tous les jours et l’innovation ne peut jamais cesser. C’est pour ça que nous investissons dans un groupe qui innove et qui est déjà bien implanté.»

La ministre de Développement économique Canada, Mélanie Joly

L’effet de la pandémie

La ministre Joly ne cache pas que la pandémie et le virage fait par des milliers de travailleurs et d’entreprises vers le mode virtuel et les services en ligne a fait accroître les risques en matière de cybersécurité au Canada. «Le gouvernement reconnaît que le domaine représente des opportunités de création d’emplois et d’entreprises, mais il reconnaît aussi qu’il y a un risque à gérer en matière de cybersécurité, dit-elle. On doit être capable de protéger nos entreprises et développer chez nous l’expertise dont nous avons besoin.»

M. Normand note d’ailleurs les efforts qui seront faits par son groupe pour certifier le niveau de sécurité des entreprises qui se retrouvent dans des chaînes stratégiques d’approvisionnement. In-Sec-M devra certifier «cybersécuritaires» 150 entreprises. «Souvent, le danger n’est pas d’être soi-même piraté, mais qu’un élément de la chaîne d’approvisionnement le soit et que ça compromette les autres fournisseurs de la chaîne, explique-t-il. La certification viendra démontrer que les entreprises qui l’auront présentent un certain niveau de cybersécurité. Dans certains cas, ça deviendra une exigence et les entreprises devront démontrer qu’elles respectent les normes canadiennes en la matière.»