L’urbaniste Steve Potvin et Pierre Guillot-Hurtubise, de Octane, ont présenté en détail le projet de Brigil pour le quartier du Musée.

Opération séduction pour Brigil

Le nouveau projet de citation patrimoniale « ouverte, moderne et flexible » proposé par Brigil a été présenté en détail mercredi en prévision du débat prévu le 28 août au conseil municipal de la Ville de Gatineau.

L’objectif de la rencontre était de permettre de mieux comprendre la version de citation patrimoniale mise sur pied par Brigil et ses partenaires, tout en permettant à la Chambre de commerce de Gatineau et Vision centre-ville d’échanger avec les responsables du dossier.

Le nouveau concept proposé divise l’îlot délimité par Laurier, Victoria, Maisonneuve et Allumettières en trois corridors distincts, séparés en fonction de la valeur patrimoniale des bâtiments.

De plus, ce plan ajoute une deuxième couche de protection où chaque bâtiment est évalué individuellement afin d’en déterminer la valeur patrimoniale. Plus la valeur est élevée, plus la conservation de l’intégrité des bâtiments est respectée. À l’opposé, si elle est jugée faible, la démolition ou le réaménagement du bâtiment pourrait être autorisé, peu importe sa localisation dans le quartier.

Selon Pierre Guillot-Hurtubise, associé principal chez Octane, « avec ce plan, c’est assez facile pour les propriétaires de comprendre ce qu’ils ont le droit de faire en fonction de l’emplacement de leur bâtiment ainsi que son niveau de valeur patrimoniale. C’est une approche moderne de protection patrimoniale. »

Cette nouvelle approche contemporaine proposée par Brigil s’oppose au projet de citation patrimoniale classique approuvé par le comité consultatif d’urbanisme de la Ville le 11 juin dernier. Le projet de règlement patrimonial actuel proposé par la Ville sera débattu au conseil le 28 août.

L’adoption de cette réglementation limiterait la hauteur des nouvelles constructions du quartier à trois étages seulement, ce qui viendrait freiner définitivement le projet des tours Brigil.

Un citoyen du centre-ville affirme que « de l’autre côté de la rue, le Four Points Sheraton peut bâtir une trentaine d’étages alors que sur la rue Laurier on ne peut pas le faire. Ce n’est pas logique et on pourrait même présumé la mauvaise foi de la part du conseil ».

Le clan Brigil cherche d’ailleurs à tenter de faire reconduire l’avis de motion, qui a été déposé par le conseiller Cédric Tessier le 15 mai, et qui leur impose des contraintes de temps significatives pour le développement de leur projet de désignation patrimoniale alternative.

« Si les élus veulent se donner du temps, ils vont trouver une façon. Si ils ne veulent pas se donner du temps, on va vivre avec la décision politique qui sera prise le 28 août », lance M. Guillot-Hurtubise.

De son côté, le conseiller municipal Jean-François Leblanc affirme que les élus ont « essayé de repousser l’avis de motion au dernier conseil. Cependant, une fois que l’avis est déposé, le règlement est très clair, nous avons 120 jours pour passer à travers le processus ».