Le ministre des Transports et député de Pontiac, André Fortin

Nouvelle relation entre le MTQ et la STO

EXCLUSIF / Les critiques lancées en campagne électorale par le président de la Société de transport de l’Outaouais (STO), Gilles Carpentier, ont été entendues en haut lieu. Le Droit a appris que la STO fera dorénavant affaire directement avec une équipe spéciale du ministère des Transports du Québec (MTQ) pour la gestion de ses grands projets d’infrastructures comme celui du futur lien rapide vers Aylmer.

« À la suite de l’intervention de M. Carpentier, qui trouvait la relation un peu difficile avec la direction régionale du MTQ, j’ai demandé à ce qu’on trouve une nouvelle façon de fonctionner entre la STO et le ministère, a indiqué, au cours d’une entrevue, vendredi, le nouveau ministre des Transports et député de Pontiac, André Fortin. Je viens de proposer au maire de Gatineau une nouvelle approche. Des gens de la Direction des grands projets au ministère viendront régulièrement à Gatineau pour participer à des rencontres avec la STO. »

Cette approche est la même utilisée depuis environ un an par le gouvernement pour les grands projets de transport des Villes de Montréal et Québec. « On propose maintenant de faire la même chose à Gatineau », indique M. Fortin. Cette collaboration directe entre Gatineau et Québec rappelle celle mise en place entre la Ville et le ministère des Affaires municipales et la Ville dans le dossier Guertin. 

« Il m’apparaît utile d’avoir à la table des gens du bureau des grands projets, indique M. Fortin. Ça permet d’avoir une expertise additionnelle, d’avoir des gens habitués d’avoir des projets majeurs entre les mains. Ça permettra d’identifier rapidement les embûches. C’est un moyen de s’assurer que la STO a bien en main tous les outils pour bien faire avancer un tel projet. C’est une façon de donner un coup de main pour que les choses avancent plus rapidement. »

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qualifie la proposition du ministre Fortin d’« excellente nouvelle » pour la suite des choses. « Nous sommes une grande ville et nous avons de grands projets, dit-il. C’est clair qu’on a des enjeux très différents des autres en matière de transport. On doit penser comme une région métropolitaine. Une telle collaboration avec le ministère est nécessaire et améliorera la rapidité et l’efficacité. »

Particularités régionales

Le ministre Fortin reconnaît que le projet de lien rapide vers l’ouest de Gatineau doit être évalué différemment des autres ailleurs au Québec. 

« Il y a des particularités régionales, dit-il. Des citoyens traversent la frontière tous les jours, matin et soir. Ce n’est pas un enjeu qu’on a ailleurs dans la province. Les critères habituels du MTQ ne sont pas tout à fait adaptés à la réalité locale. La prochaine étude permettra d’évaluer tous les besoins. »

Un train léger ?

André Fortin ouvre grande la porte à étudier un projet de train léger s’arrimant avec le réseau de transport d’Ottawa si la Ville de Gatineau et la STO se mettent d’accord sur le principe d’une telle infrastructure pour desservir la population de l’ouest. « Je suis heureux que le maire de Gatineau demande à son conseil de se pencher rapidement sur cette question, dit-il. Il faudra voir les études, mais Québec étudiera le projet que la Ville et la STO auront décidé de présenter. »

Le ministre des Transports se garde bien d’identifier sa préférence dans ce dossier. Il dit attendre l’avis des différents experts. 

« Il n’y a pas que la densité de la population à prendre en considération dans ce projet, mais aussi l’achalandage et les coûts du projet, explique M. Fortin. Il faut aussi considérer l’objectif d’arrimer notre réseau avec celui d’Ottawa. C’est un facteur majeur. »

LE MINISTRE VEUT AGIR RAPIDEMENT

Le nouveau ministre des Transports du Québec et député de Pontiac, André Fortin, n’a pas l’intention d’attendre les bras croisés la construction d’un train léger ou d’un système rapide par autobus dans l’ouest de Gatineau pour agir sur les enjeux de circulation qui minent de plus en plus le secteur Aylmer. 

« Les besoins semblent augmenter de semaine en semaine dans l’ouest, lance M. Fortin. Se rendre au centre-ville devient de plus en plus difficile. On a une obligation de répondre aux besoins de cette population rapidement. »

Le ministre Fortin souligne que la solution n’appartient pas qu’au ministère des Transports du Québec (MTQ), mais aussi à la Ville de Gatineau et à la Société de transport de l’Outaouais (STO). Ce dernier amorçait d’ailleurs ses premières rencontres avec les nouveaux élus du secteur Aylmer, vendredi, pour faire le point sur les engagements faits en campagne électorale. 

« Les propositions devront venir de la STO, et ensuite le MTQ va les regarder », dit-il. Quant à son ministère, une réflexion est déjà amorcée pour tenter de trouver des solutions à la congestion de certaines intersections du boulevard des Allumettières. 

La proposition de la conseillère d’Action Gatineau dans le district de Limbour, Renée Amyot, d’utiliser un corridor réservé depuis 40 ans par le MTQ pour relier la route 307 et l’autoroute 50 « vaut la peine d’être étudiée », a précisé le ministre André Fortin. « C’est un dossier sur lequel on pourra se pencher ensemble si le maire de Gatineau le désire, mais pour l’instant ce n’est pas un projet qui est dans les cartons immédiats du MTQ. »