Gilles Carpentier pilote le comité d’analyse approfondie du budget de la Ville de Gatineau.

Nouveau plan de rationalisation des dépenses à Gatineau

Les conclusions d’un important exercice amorcé en novembre 2017 qui aura des impacts sur toute l’administration municipale, la livraison des services aux Gatinois et ultimement sur le portefeuille des contribuables seront rendues publiques, mardi prochain, lors de la séance du comité plénier, selon ce que Le Droit a appris.

La première phase de la révision des dépenses et des services qui s’est amorcée en 2013 a permis à la Ville de Gatineau de dégager des économies récurrentes de 15 millions $. Toutefois, le conseiller Gilles Carpentier signalait, il y a un an, que cette commission venait d’arriver « dans un mur », que la recherche d’économies devenait plus compliquée et que Gatineau devait « maintenant trouver une autre façon de rationaliser ses dépenses ».

C’est ainsi que le mandat de trouver de nouvelles pistes de solution lui a été confié, à titre de président du « comité d’analyse approfondie du budget » par le conseil municipal. Chaque fois qu’il a abordé la question au cours des derniers mois, le conseiller répétait que « toutes les pierres » allaient être soulevées. Les détails et les observations liés à cet exercice ont cependant été traités pratiquement comme des secrets d’État depuis un an. Encore ce jeudi, M. Carpentier a refusé notre demande d’entrevue à ce sujet.

On sait que le comité piloté par M. Carpentier a rencontré les directions de l’ensemble des services de la Ville. Tous les aspects liés à la main-d’œuvre, au rôle joué par les employés, aux différents postes budgétaires et à l’ensemble des coûts des services à la population ont été transmis au comité. La pertinence, le niveau offert, l’efficacité de la livraison et la tarification de l’ensemble des services ont été analysés.

La réduction de la masse salariale de la Ville devait aussi être étudiée par le comité, avait affirmé M. Carpentier en novembre 2017. Il ajoutait cependant qu’en raison des conventions collectives et des obligations légales associées au schéma de couverture de risque, cette piste de solution s’annonçait peu prometteuse pour réaliser des économies.

Au fil des mois, plusieurs sujets abordés à la table du conseil ont fini par aboutir dans le mandat de révision de M. Carpentier. C’est le cas, entre autres, des camps de jour organisés par la Ville, de la production du Domaine des flocons et de la réorganisation numérique que l’administration tente de mettre en place par le biais de ses investissements en informatique.

La question de la pénurie de main-d’œuvre donne des maux de tête dans plusieurs secteurs de l’activité municipale. Il ne serait pas surprenant que les conclusions du rapport présenté mardi apportent les premières pistes de solution en la matière.

Il semble aussi de plus en plus évident que d’importants gains d’efficacité résideront dans des solutions dites « intelligentes », tant dans la livraison des services aux citoyens que dans l’organisation interne. Le service de l’urbanisme a déjà amorcé ce virage, mais beaucoup doit encore être réalisé au sein de l’administration. Le dossier des parcomètres dans le centre-ville en est un exemple.

Le dossier de la bibliothèque Lucy-Faris et plus largement celui de l’immeuble place des Pionniers qui pourrait être démoli présente lui aussi des aspects qui ont attiré l’attention du comité de M. Carpentier. Ce dernier s’était même permis de réfléchir à voix haute à la table du conseil, il y a quelques mois, en voyant dans un nouvel immeuble une occasion de réorganiser la présence des services municipaux dans l’ouest de la ville et de récolter des revenus grâce à de la location d’espace.

Le conseil municipal devrait être appelé à prendre des premières décisions liées à la rationalisation des dépenses de la Ville dès l’étude du budget 2019 qui aura lieu dans quelques semaines et dont le cadre financier prévoit une augmentation de la taxe foncière de 2,5 %.