« On a un problème de culture entrepreneuriale à Gatineau, on le sait depuis des années », a affirmé le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Nouveau plan d'affaires à Gatineau

Les entrepreneurs et ceux qui souhaitent le devenir devraient rapidement se retrouver « au coeur » des façons de faire de la Ville de Gatineau en matière de développement économique, avec la nouvelle réforme adoptée mardi par le conseil municipal.
Le slogan « Gatineau, ville d'affaires » a été critiqué à maintes reprises au fil des ans, et avec raison, admet le maire Maxime Pedneaud-Jobin.
« On a un problème de culture entrepreneuriale à Gatineau, on le sait depuis des années, a-t-il souligné. [...] Quand on a une personne qui a une bonne idée, il faut qu'elle soit traitée aux petits oignons, par la bonne personne, au bon moment et de la bonne façon. »
Le changement devrait s'opérer avec la mise en place de nouvelles structures : la Commission de développement économique, ID (investissement et développement) Gatineau et le Secrétariat au développement économique. Cette dernière instance fera « le pont » entre les deux autres entités et les services municipaux.
La commission sera chargée d'établir les stratégies de développement économique, tandis qu'ID Gatineau veillera à accompagner les gens qui souhaitent démarrer ou faire prospérer leur entreprise.
« L'objectif, c'est de référer immédiatement les gens à la bonne personne, donc ce n'est pas de s'approprier le dossier, mais d'accompagner l'entrepreneur vers les bonnes portes », a souligné le président de cette nouvelle entité, Stéphane Parent, qui est directeur général de la Coopérative des paramédics de l'Outaouais. Un budget annuel d'environ 2 millions $ est consenti à ID Gatineau, dont le nom fait référence au fait que les idées sont « à la base de tout projet d'affaires », a souligné M. Parent.
La réforme au service de l'urbanisme viendra s'arrimer à celle mise en place pour le développement économique. « C'est une réorganisation qui met le client - qu'il soit individu ou client corporatif - au coeur de nos façons de faire », a affirmé la directrice du module de l'aménagement du territoire et du développement économique, Catherine Marchand.
La directrice générale de la Ville, Marie-Hélène Lajoie, soutient que les fonctionnaires municipaux sont prêts pour « ce virage ». « Déjà, nous avons vu de nouveaux réflexes qui émergent au sein de nos équipes, a-t-elle indiqué. Plus que jamais, nos actions sont axées sur le service à la clientèle et sur le service aux partenaires. »
Livrer la marchandise
Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Jean-Claude Des Rosiers, a travaillé avec la Ville à l'élaboration de ce nouveau plan de match, un partenariat qui était « souhaité et souhaitable » pour les gens d'affaires, a-t-il souligné. Lui-même membre de la nouvelle commission, M. Des Rosiers affirme que la différence se fera sentir dans la perception qu'auront  les gens d'affaires face à la Ville.
« Ce qu'on fait maintenant, c'est qu'on dit que la Ville de Gatineau va faire tout en son pouvoir pour livrer la marchandise, a-t-il déclaré. Livrer la marchandise, ça veut dire quoi ? Ça veut dire être en mesure que les entrepreneurs perçoivent ce changement-là de façon importante. »
Outre MM. Pedneaud-Jobin, Des Rosiers et Parent, la nouvelle commission compte dans ses membres le conseiller Jean-François LeBlanc, la directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle, les entrepreneurs Fanny Robert, Valérie St-Jean, Magda Sylvestre Louis-Jean, Frédéric Boulanger, Alexandre Gosselin et Charles Masse, Martine Plourde et André Landry à titre de représentants d'organismes d'économie sociale, de même que Jean-Claude Bouchard et Frédéric Poulin comme représentants du milieu de l'éducation. Le préfet de la MRC des Collines, Robert Bussière, obtient aussi un siège, sans toutefois avoir droit de vote.