Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

«Niveau de maturité» inégalé au Conseil de Gatineau

Le septième budget de l’ère Pedneaud-Jobin est dans la poche. À part les conseillers Jocelyn Blondin, Marc Carrière et Louise Boudrias qui se sont abstenus de voter de manière indicative sur les principaux éléments du budget 2020, jeudi, tous les autres élus devraient officiellement appuyer cet exercice comptable de 651 millions $ assorti d’une hausse de taxe de 2,1 %.

C’est cependant le «niveau de maturité dans le processus budgétaire» jusque là inégalé, selon le maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui a marqué la semaine de discussion à l’Hôtel de Ville. «Beaucoup d’élus l’ont souligné, a-t-il dit. D’impliquer les élus si tôt en amont, je dirais que globalement c’est un succès. Il y a eu un certain nombre de critiques, c’est un processus qui doit s’améliorer, mais je pense que l’influence des élus sur le budget et leur possibilité de s’impliquer longtemps en avance expliquent que les discussions se sont bien passées. On a un bon budget qui ressemble à la réalité des Gatinois.»

Le maire a aussi noté l’«équilibre» entre les mesures budgétaires qui permettent à Gatineau de se projeter vers l’avenir, dit-il, et celles qui répondent à des besoins immédiats comme l’entretien des infrastructures comme étant la marque de commerce de ce budget.

«On continue de réaliser notre vision pour Gatineau et d’appliquer notre programme du conseil, a noté le maire. On a parlé de plein air urbain, un investissement important pour l’avenir, autant pour la qualité de vie que le rayonnement de Gatineau. On va financer [le budget de fonctionnement] de la bibliothèque du Plateau. On va créer un office de consultation publique, un élément important pour que les citoyens puissent eux aussi influencer leur ville. Même si la réflexion n’est pas terminée, on se met la main dans l’engrenage pour un nouvel écocentre à l’ouest. On ajoute trois millions de dollars supplémentaires pour la Société de transport de l’Outaouais. On va raccourcir les délais pour nos opérations de balayage printanier, c’est important pour la qualité de vie au quotidien des gens.»

Les surplus fondent

Des imprévus comme les inondations, le dernier hiver rigoureux et l’impossibilité d’aller de l’avant en 2020 avec l’imposition sur les droits d’immatriculation pour diversifier ses revenus ont forcé Gatineau à piger dans ses réserves et à dépenser la quasi-totalité de ses surplus de l’année en cours pour équilibrer son budget. Le maire ne voit pas de problème à recourir à une telle stratégie cette année, mais il convient que ça ne peut pas durer ainsi.

TVQ

Quant au partage des revenus de la TVQ, dont les premiers fruits (2,35 millions $) pourront être cueillis en 2020, le maire a voulu être clair avec les contribuables. Ces derniers ne doivent pas s’attendre à ce que les 24,7 millions $ qui seront perçus de ce partage jusqu’en 2024 aient un impact sur leur compte de taxes. «Éventuellement, j’espère que des revenus comme ça pourraient nous permettre de moins augmenter les taxes, mais il faut le dire franchement, je ne veux pas conter de menteries aux Gatinois, quand il y a 1,3 milliard $ de rattrapage à faire, ça va prendre bien des années avant qu’on soit capable d’avoir un impact avec ça sur la hausse des taxes. Le conseil pourra toujours décider, mais on ne peut pas dire une chose et faire le contraire. On dit qu’il faut investir absolument dans les infrastructures. Ça prend de l’argent quelque part pour faire ça.»

Main-d’oeuvre

Gatineau entamera la deuxième année de son plan de redressement des effectifs en 2020. Une somme de 1 million $ a été réservée pour transformer des postes et faire des embauches au cours de l’année. «On a fait des réformes dans les ressources humaines qui permettent aux employés de faire un peu les tâches et de se remplacer les uns et des autres, a expliqué le maire. On veut implanter la même philosophie dans d’autres services. On fera le même genre de réforme prochainement dans le service des infrastructures.» Les détails de cette réforme doivent être rendus publics la semaine prochaine.

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Pedneaud-Jobin n’a pas le temps pour la présidence de l’UMQ

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin n’a pas l’intention de poser sa candidature à la présidence de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) dont le poste a été laissé vacant, cette semaine, par Alexandre Cusson que plusieurs voient déjà dans la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ).

La question a bien fait rigoler le maire de Gatineau.

«Non, pas du tout, a-t-il lancé. Il y a bien des priorités à Gatineau. Je vais continuer de m’investir dans des dossiers précis à l’UMQ, mais on a beaucoup de projets à Gatineau. Je ne pourrais pas consacrer trois jours dans ma semaine à autre chose que Gatineau.»

L’ex-présidente de l’UMQ, Suzanne Roy, a accepté d’occuper le poste de présidente par intérim, le temps que l’UMQ procède à des élections.