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Le conseiller de Masson-Angers Marc Carrière a blâmé son collègue Martin Lajeunesse pour le retard dans le projet de complexe multiglaces dans l'ouest de la ville.
Le conseiller de Masson-Angers Marc Carrière a blâmé son collègue Martin Lajeunesse pour le retard dans le projet de complexe multiglaces dans l'ouest de la ville.

Multiglaces de l’ouest: des délais, de l’impatience et des attaques

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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Les résidents de l’ouest de Gatineau ne savent pas plus aujourd’hui à quel moment sera construit le complexe multiglaces que leur promet la Ville depuis 2017. Ils ne sont même plus certains si c’est une infrastructure uniquement dédiée aux sports de glace qui sera érigée ou si c’est un complexe intégrant plusieurs sports différents à l’image du Centre sportif de Gatineau qui verra le jour. Le président du comité exécutif, Cédric Tessier, a été incapable de dire si des appels d’offres pourront être lancés avant les élections municipales de novembre prochain.

Ces énièmes délais ont semblé irriter le conseiller du secteur Aylmer et membre du comité exécutif, Gilles Chagnon, mardi, habituellement très réservé dans ses déclarations publiques.

«Je m’attends à ce qu’on nous revienne, en juin, avec des propositions pour un mode de gestion du projet, une stratégie d’approvisionnement, une analyse des coûts pour chacun des scénarios présentés et une stratégie de financement, a-t-il lancé. Est-ce que je peux m’attendre à ça? Parce qu’après ce sera l’été, les vacances et on va perdre le rythme. Il faut que ce projet devienne une priorité. C’était une priorité quand je suis arrivé au conseil et on est rendu à la fin du mandat et on en parle encore comme d’une priorité. Je ne sens pas l’urgence. On a encore des décisions à prendre. On devra retourner en soumission. Ça va prendre encore des années avant de creuser. On parle d’un projet dans quatre ou cinq ans.»

Les fonctionnaires affirment avoir la fin du mois de juin en tête comme objectif pour soumettre de nouveaux détails au comité exécutif, mais notent au passage que cela représente «énormément de travail» et qu’à tout le moins, un état de situation sera fait.

Carrière attaque Lajeunesse
Si la Ville de Gatineau a été incapable de livrer les nouveaux arénas promis depuis 2017 dans le secteur ouest, selon le conseiller Marc Carrière, ce n’est pas en raison des deux inondations records, de la tornade de 2018 ou de la pandémie mondiale de COVID-19 qui ont alourdi la tâche du service des loisirs, des sports et du développement de la vie communautaire responsable de faire avancer ce dossier. Ce n’est pas parce que la Ville s’est trompée dans sa stratégie de se tourner vers le privé. Ce serait, selon le conseiller de Masson-Angers, la faute du président de la commission chargé d’étudier le dossier, Martin Lajeunesse.

«Quelqu’un n’a pas livré le travail, a-t-il lancé, mardi, le ton accusateur. On est encore pris avec nos vieilles infrastructures désuètes et là on arrive à la fin du mandat et on change de porteur de dossier. C’est mauvais signe. Il est où le président de la commission [Martin Lajeunesse] pour défendre ce qui se passe ? On n’a pas avancé du tout et c’est parce que quelqu’un n’a pas fait sa job et il n’est pas dur à trouver si on veut fouiller. […] Il faut se rappeler des nominations. Des gens avaient un rôle à jouer. Il faut des gens qui ont la volonté de faire des choses. Je ne sais pas ce qui a été fait ou qui ne l’a pas été.»

Le conseiller Martin Lajeunesse

M. Lajeunesse a jugé «déplorable» l’attitude de son collègue. «Je crois que ce qu’il regrette c’est de ne pas avoir été président pendant ce mandat», a-t-il rétorqué avant de rappeler comment la commission avait travaillé dans ce dossier et au travers des catastrophes qui sont survenues depuis 2017.


« Je fais dans la gestion de l’État et non pas dans la magie. »
Maxime Pedneaud-Jobin

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a pour sa part tenu à rappeler tout ce qui avait été fait dans le dossier du complexe multiglaces de l’ouest depuis près de cinq ans. Selon lui, le conseil et la Ville ont maintes fois démontré que ce projet est une priorité et que tout le monde est conscient de l’urgence de doter l’ouest de la ville des infrastructures nécessaires. «On a essayé différents scénarios, certains sont tombés, ça nous a forcés à penser à d’autres scénarios auxquels on pensait avant, mais ce n’est pas faute de ne pas travailler, a expliqué le maire. Ce n’est pas un enjeu de priorité, mais de trouver la bonne formule, de bien lire le marché, de nous réenligner dans un contexte pas facile, ni pour nous, ni pour le privé. Il faut s’assurer de livrer le bon projet et on a eu toute une série de difficultés devant nous.»

Le modèle d’affaires proposé par la Ville n’a pas été assez attrayant pour le secteur privé. La Ville de Gatineau et l’ancienne Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais ont été incapables de s’entendre sur un partenariat pour accueillir la palestre souhaitée par UniGym. La pandémie est venue complètement bousculer le marché de la construction. «Je fais dans la gestion de l’État et non pas dans la magie, a rappelé le maire. De dire que rien ne s’est passé dans ce dossier c’est tourner les coins très, très, très ronds.»