Le moratoire sur les constructions en zones inondables annoncé par Québec lundi satisfait le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Moratoire sur les zones inondables: «une étape», dit le maire de Gatineau

Le moratoire sur les constructions en zones inondables annoncé par Québec lundi satisfait le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, qui insiste pour dire qu’il ne s’agit « que d’une étape » et que la réflexion au sujet de solutions durables ne fait que débuter.

« C’est une bonne décision, une décision nécessaire, mais ce n’est qu’une étape. Les vraies questions pour l’avenir, c’est qu’est-ce qu’on fait avec ces quartiers-là, quelles mesures on prend pour que les gens qui quittent puissent le faire sans perdre trop d’argent ? Et s’ils restent, comment peut-on prévenir de tels événements ? Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il y aura de grandes questions à se poser dans les mois à venir. La création d’un comité de travail incluant les villes est aussi une bonne nouvelle », affirme le premier magistrat.

Le gouvernement provincial a annoncé lundi que d’ici à ce qu’un plan d’action soit mis en œuvre à la fin de l’année, on souhaite instituer une zone d’intervention spéciale (ZIS). Cela permettrait de décréter un moratoire sur la construction et la reconstruction de bâtiments situés dans l’ensemble des zones inondables cartographiées 0-20 ans et sur le territoire inondé en 2017 et en 2019.

« On doit trouver des solutions à long terme. À Pointe-Gatineau, il y a de l’eau qui vient de la rivière, d’en arrière et aussi des sous-sols. Ça va prendre du temps pour évaluer ça et on ne peut le faire seul. C’est une expertise que la Ville n’a pas. Le travail qui doit se faire est à deux vitesses : la première, c’est de trouver des solutions de fond pour l’avenir, alors que la seconde, c’est de savoir quelles mesures immédiates on peut prendre entre maintenant et la prochaine crue printanière, ce qui permettrait de protéger un certain nombre de maisons », soutient M. Pedneaud-Jobin.

Ce dernier considère que l’un des arguments utilisés par le gouvernement pour justifier que des dispositions particulières s’appliqueront à Sainte-Marthe-sur-le-Lac pourrait être un avantage pour Gatineau. On y mentionne que le secteur inondé représente un secteur fortement urbanisé depuis des décennies et que d’y interdire la reconstruction pourrait déstructurer les quartiers touchés.

« Quand je lis ça, je vois des secteurs de Gatineau. Ça ouvre une porte si l’on est capable démontrer qu’il y a des solutions. C’est ce qu’on en déduit. »

Il ajoute avoir discuté avec la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest et se dit rassuré de savoir que des actions seront mises de l’avant à court terme même si l’ensemble de la réflexion n’est pas terminée.

Par ailleurs, Québec a annoncé que des assemblées publiques de consultation auront lieu le 4 juillet dans les régions visées par le projet de décret instituant une ZIS. En Outaouais, celles-ci auront lieu à 19 h au Palais des congrès de Gatineau, tandis qu’elles se tiendront à 15 h au Centre communautaire de Campbell’s Bay, dans le Pontiac.

Au plus fort des inondations en mai dernier, on comptait près de 1900 résidences inondées en Outaouais.