France Gagnon est impliquée dans le dossier du controversé processus de vente du terrain boisé situé à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne à Aylmer.
France Gagnon est impliquée dans le dossier du controversé processus de vente du terrain boisé situé à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne à Aylmer.

Mobilisation citoyenne pour sauver la forêt Deschênes

Un groupe de citoyens, qui s’oppose au controversé processus de vente du terrain boisé situé à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne à Aylmer, se mobilise pour tenter de sauver cette portion de la forêt Deschênes.

Le Droit avait révélé le 12 mars que ce terrain boisé avait été mis en vente au plus offrant et que du développement résidentiel et commercial y serait autorisé. Cependant, des pressions de résidents du secteur ont fait reculer la Ville le 30 avril. Le processus de vente du terrain a été suspendu jusqu’à ce qu’une meilleure caractérisation écologique et archéologique du terrain soit menée.

Pour répondre à cette demande de la Ville, un groupe de citoyens, comprenant notamment des naturalistes, des historiens et un archéologue, ont arpenté la forêt Deschênes dans le but d’actualiser des informations d’un précédent rapport sur la biodiversité qui couvrait une zone plus grande englobant cette forêt du secteur Aylmer. Ces données ont été compilées dans un nouveau rapport que nous vous partageons ici.

« On remarque qu’on est connectés à des corridors verts. Il faut les conserver, c’est super important pour la biodiversité régionale. On viendrait amputer ces corridors verts là qui nous connectent avec le parc de la Gatineau », explique au Droit une citoyenne impliquée dans ce dossier, France Gagnon. 

Le terrain boisé situé à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne dans le secteur Aylmer.

Elle ajoute que les données du rapport permettent de mieux comprendre la biodiversité et le réel potentiel archéologique de la forêt Deschênes.

« C’est important aussi au niveau patrimonial de conserver [cette forêt]. C’est ce qui nous reste du paysage patrimonial naturel d’Aylmer. On va peut-être détruire quelque chose qu’on va avoir perdu à tout jamais. »

Selon Mme Gagnon, des résidents de partout à travers la ville se rallient à la cause et cherchent à protéger la forêt Deschênes.

« Souvent on se fait dire qu’on fait du “pas dans ma cour”, pourtant il y a 22 associations de résidents à travers tout le grand Gatineau qui nous appuie. Alors ce n’est pas une histoire de “pas dans ma cour”, c’est une histoire de biodiversité régionale. Il y a des gens de partout qui viennent de partout  pour observer des espèces, surtout des oiseaux. La forêt n’est pas fréquentée que par des gens du secteur. Il y a aussi huit organisations qui œuvrent dans le domaine du patrimoine naturel qui nous appuie. »


« On veut vraiment que le message passe parce que c’est eux qui vont décider pour nous. »
France Gagnon

Vote au conseil

Une copie du rapport a d’ailleurs été remise à chacun des conseillers municipaux de la Ville de Gatineau, eux qui devront décider le 7 juillet s’ils vont de l’avant avec la mise en vente du terrain.

« On a déjà leur écoute alors nous on ne lâche pas jusqu’à la fin. On veut vraiment que le message passe parce que c’est eux qui vont décider pour nous. On a pas le pouvoir de décider. Alors notre rôle est de les maintenir en alerte jusqu’au vote et de le dire “attention ne commettez pas une grave erreur”. On va continuer jusqu’au 7 juillet au soir. »

Rappelons que la Ville a rendu publique la semaine dernière toutes ses informations concernant le terrain qu’ils avaient initialement mis en vente à la mi-mars.

« Le document que la Ville a publié est bien, mais il manque des mises à jour et une connaissance du terrain. On leur dit “écoutez assis dans vos bureaux vous ne pouvez pas savoir ce qu’il y a là”, donc je les ai souvent invités à venir faire une visite guidée de notre forêt pour leur expliquer comment elle est importante », indique Mme Gagnon.

Par ailleurs, une manifestation sera organisée le 6 juillet prochain, la veille du vote au conseil. L’emplacement précis de la manifestation reste encore à déterminer.