Terminé le chandail vert fluo des chauffeurs de la STO.

Menace de grève à la STO

Il est minuit moins une à la Société de transport de l'Outaouais (STO), alors que la décision du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) lundi de juger non essentiels les services du transporteur public ouvre toutes grandes les portes aux quelques 600 chauffeurs et employés pour le déclenchement d'une grève générale illimitée.
Le Syndicat Uni du transport n'a pas tardé à réagir, acheminant à peine une heure après que la décision soit tombée un préavis de 72 heures à l'employeur. C'est donc dire qu'un conflit de travail, peu importe la forme qu'il prendra, pourrait être déclenché dès vendredi matin, confinant ainsi tous les autobus dans les deux garages de la STO. 
La partie patronale a donc échoué dans sa tentative, elle qui avait plaidé lors des audiences avant Noël pour le maintien des services réguliers et scolaires intégrés sur l'ensemble du territoire lors des heures de pointe en semaine (de 6 h à 9 h et de 14 h 30 à 18 h). Dans son argumentaire, la STO affirmait aussi qu'en cas de grève, le temps de déplacement des services d'urgence tels que les ambulances et les pompiers serait affecté au point de mettre en danger la santé et la sécurité de la population, étant donné la hausse du trafic liée au nombre plus élevé de véhicules sur la route.
Bien qu'elle considère qu'il s'agisse d'une mauvaise nouvelle pour sa clientèle, la STO dit respecter la décision du CCRI, qui avait statué de la même façon lors de la grève générale illimitée qui avait paralysé les services d'OC Transpo pendant 50 jours en 2008. Le transporteur public ajoute être convaincu d'avoir fait la démonstration que ses services sont essentiels dans le contexte régional.
Elle demande maintenant à la partie syndicale de revenir à la table des négociations, déplorant qu'il s'en soit retiré le 6 janvier dernier après que des mesures discplinaires aient été imposées à quelques employés membres de l'exécutif.
« Le syndicat a fait une offre pour revenir à la table la semaine dernière, ce qu'on accepterait avec joie et de bonne foi, mais on l'a refusé parce que la demnde s'accompagnait d'éléments qui ne sont aucunement liés à la convention collective. On leur a proposé qu'un autre comité soit formé en parallèle pour ces aspects-là, parce que le but des négociations, c'est de négocier les articles du futur contrat de travail. Le reste des éléments devront être discutés sous d'autres tribunes. Mais ça a été refusé », de dire la porte-parole de la STO, Céline Gauthier.
Elle ajoute que la suite des événements sera cruciale, puisque des assemblées syndicales sont prévues mercredi tout au long de la journée et qu'une rencontre convoquée par un médiateur à laquelle le syndicat et l'employeur doivent obligatoirement se présenter doit avoir lieu vendredi. 
« Si le syndicat décide d'exercer son droit de grève et de priver la population du service, il devra assumer sa décision. Il lui appartient de nous préciser la nature des perturbations de servies qu'il entend faire. C'est ce à quoi sert le préavis de 72 heures qu'il doit nous acheminer. [...] Mais on espère ne pas en arriver là et on garde espoir d'en arriver à une entente équitable pour les deux parties et qui respecte la capacité de payer des usagers, des payeurs de taxes », ajoute Mme Gauthier, rappelant que d'autres dates de rencontre étaient à l'horaire en janvier et février. 
Le président du Syndicat des chauffeurs de la STO, Félix Gendron, n'a pas tardé à répliquer. 
« On est entièrement satisfaits de la décision du CCRI », a-t-il lancé au bout du fil, jugeant qu'il était prévisible que la STO « blâmerait » le syndicat dans son communiqué. 
M. Gendron n'a pas voulu révéler quelles actions sont envisagées par le syndicat et à quoi pourrait ressembler les perturbations, refusant aussi de dire s'il s'agira nécessairement d'une grève générale illimitée.
« Une grève, ça peut être sous toutes sortes de formes, mais on n'en dévoilera pas plus pour l'instant. [...] Quant aux accusations de la STO liées à la raison pourquoi on s'est retiré de la table de négos, on ne jouera pas sur les mots. On s'est retiré en raison de l'acharnement de l'employeur envers l'exécutif syndical, ce qui est inacceptable. Notre convention, ça fait deux ans que ça traîne. L'employeur a une job à faire aussi, il ne faut pas oublier que l'on doit être deux pour danser le tango », affirme-t-il. 
« C'est notre but d'en arriver à une entente. On est pas masochistes non plus », renchérit M. Gendron, jugeant fausses les affirmations voulant que la colère gronde au sein même du syndicat.
Les chauffeurs et employés d'entretien de la STO avaient voté massivement (98 %) en faveur d'un mandat de grève le 11 décembre.
Le site web www.sto.ca sera la première source d'information pour les usagers afin de suivre l'évolution des choses dans les jours à venir. 
Pour sa part, OC Transpo ne prévoit pas modifier son offre de services de quelque façon que ce soit en cas d'arrêt de travail à la STO.
On s'engage à fournir un service de transport en commun sécuritaire, accessible et fiable qui répond aux besoins de nos clients. En cas de grève de la STO, OC Transpo continuera de fournir des services au centre-ville de Gatineau comme nous le faisons aujourd'hui. Aucun ajustement ne sera apporté aux circuits et aux arrêts d'autobus que nous exploitons actuellement », a indiqué Pat Scrimgeour, directeur général adjoint.