S’il y a une chose que le Maxime Pedneaud-Jobin a conservée du premier terme, c’est sa volonté de jouer avec les rouages de la politique.

Même maire, nouveau maire

ANALYSE / Le Maxime Pedneaud-Jobin du premier mandat, celui qui était omniprésent dans les médias, qui était de tous les points de presse à la Ville, et qui mettait beaucoup de son énergie à organiser le débat politique à la table du conseil, semble avoir quitté le cabinet du maire de Gatineau en novembre dernier.

Celui qui le remplace, celui du deuxième mandat, est plus effacé jusqu’à maintenant. Pendant l’étude du budget, en novembre dernier, le maire n’a rencontré les médias qu’à la toute fin de l’exercice de quatre jours. C’était du jamais vu depuis qu’il a fait le saut en politique municipale. Il laissera dorénavant plus de place aux différents éléments qui forment son conseil. En acceptant de partager le haut du pavé, il sait très bien qu’il transfert ainsi un peu de pression sur les autres, en premier lieu, les présidents des comités et commissions.

Sur la question de la consommation de cannabis dans les lieux publics, la semaine dernière, ce n’est pas le maire qui a pris la parole pour la Ville de Gatineau. C’est Renée Amyot, la présidente de la commission Gatineau, ville en santé. Quand viendra le temps, par exemple, de répondre à un enjeu de développement économique, ce sera Jean-François LeBlanc, le président de la commission qui aura les micros sous le nez. Quand des promoteurs critiqueront le service d’urbanisme, c’est Jocelyn Blondin qui expliquera ce qui ne fonctionne pas.   

Ce n’est même plus le maire qui vient expliquer à la presse, les mercredis matin, les décisions exécutives de la Ville de Gatineau. C’est Gilles Carpentier le président du comité exécutif qui fait maintenant face aux questions des médias à la fin des réunions. 

Programme du conseil

Le maire de Gatineau semble aussi vouloir accorder moins de son temps à l’organisation des débats au conseil. Après son élection, en 2013, il avait pris des mois à préparer les débats en prévision de son premier lac-à-l’épaule qui s’est déroulé en avril 2014. Deux jours de discussions organisées au terme desquelles le conseil était ressorti avec un programme commun.  

Cette fois, pas de lac-à-l’épaule. Le maire a balancé l’entièreté de son programme dans les mains des indépendants en leur disant, voilà le point de départ, on se revoit dans quelques semaines pour en débattre publiquement. Le président du conseil, Daniel Champagne, et Cédric Tessier, responsable du programme du conseil au comité exécutif, ont été mandatés pour préparer l’exercice et inclure au document les commentaires des élus indépendants.

L’adoption du programme du conseil a déjà du sable dans l’engrenage toutefois. Plusieurs indépendants ont indiqué publiquement ne pas apprécier la formule mise de l’avant. Des ajustements devront être apportés, mais le maire ne semble pas trop s’en faire. « On est tous d’accord sur les vrais enjeux, a-t-il dit cette semaine. Déjà beaucoup de choses font consensus. Je veux moins investir de temps dans le débat théorique d’un programme et plus de temps quand les dossiers arriveront à la table. »

De l’adoption de ce programme découleront les « lettres de mandat » qui identifieront les objectifs à atteindre dans chaque comité et commission. Les présidents en seront redevables devant le conseil municipal.

Maire politique

S’il y a une chose que le Maxime Pedneaud-Jobin a conservée du premier terme, c’est sa volonté de jouer avec les rouages de la politique. Il avait d’ailleurs été assez transparent à ce chapitre, en novembre dernier, lors de son discours d’assermentation.

De la politique, le maire Pedneaud-Jobin, aura l’occasion d’en faire beaucoup au cours des prochains mois. D’abord au conseil, le choix d’une technologie et d’un tracé pour le futur lien rapide de transport en commun dans l’ouest donnera lieu à tout un débat politique auquel viendront se greffer les gouvernements provinciaux et fédéraux et la STO. Pas plus tard que la semaine dernière, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, était à Québec pour dire au maire Régis Labeaume qu’il a des « centaines de millions de dollars » pour son projet de tramway. Ici, le député fédéral, Greg Fergus, et le maire Pedneaud-Jobin ne relâchent pas la pression pour que Gatineau fasse aussi le choix des rails. 

Le maire de la quatrième ville au Québec aura aussi l’occasion de faire pas mal de politique en cette année électorale au Québec. Le président du caucus des grandes villes à l’Union des municipalités du Québec (UMQ) ne lâche pas le morceau et souhaite voir Québec faire un pas en avant quant au versement d’une partie de la TVQ aux villes. 

Un nouveau round de la bataille politique opposant le maire au promoteur Gilles Desjardins sur le dossier des tours Brigil est aussi sur le point de s’amorcer. Le projet Place des peuples doit être étudié et présenté au conseil au plus tard en mars. Le maire a toujours l’intention de donner une protection patrimoniale au quartier du musée. Dans ce dossier, tout est politique.