Terminée, l'indulgence à bord des autobus de la Société de transport de l'Outaouais (STO) pour le port du masque, deux semaines après l'entrée en vigueur de la réglementation provinciale qui oblige les usagers du transport collectif à avoir un couvre-visage lors de leurs déplacements.
Terminée, l'indulgence à bord des autobus de la Société de transport de l'Outaouais (STO) pour le port du masque, deux semaines après l'entrée en vigueur de la réglementation provinciale qui oblige les usagers du transport collectif à avoir un couvre-visage lors de leurs déplacements.

Masques: la période de grâce est finie pour les usagers de la STO

Terminée, l'indulgence à bord des autobus de la Société de transport de l'Outaouais (STO) pour le port du masque, deux semaines après l'entrée en vigueur de la réglementation provinciale qui oblige les usagers du transport collectif à avoir un couvre-visage lors de leurs déplacements.

La période de grâce, durant laquelle des employés du transporteur public ont ratissé le réseau pour veiller à sensibiliser le public à cette nouvelle réalité, s'est officiellement terminée lundi. Une phase durant laquelle la clientèle a répondu positivement et en grand nombre aux nouvelles restrictions, indique la STO.

«Le mot d'ordre, c'est que le masque est obligatoire depuis deux semaines, mais pendant cette période tampon de deux semaines, nous étions plus indulgents, on avertissait les gens que ça allait entrer en vigueur. On estime que 95% de la clientèle respectait la règle, alors nos efforts ont porté fruit. Aujourd'hui, c'est obligatoire et je pense que tout le monde est au fait de ça. Les gens répondent bien, ils prennent ça très au sérieux», affirme le porte-parole, Alexandre Meloche Dorris.

Les rares usagers qui pourraient demeurer réticents à porter le masque en montant à bord des autobus devront se conformer, sinon ils se verront refuser l'embarquement ou du moins devront mettre un terme à leur trajet. Question d'éviter des dérapages, la STO soutient cependant que ce n'est pas au chauffeur que reviendra le rôle de trancher et intervenir pour demander à un client de quitter le véhicule.


« Pour nous, c'est clair: on ne veut pas que nos chauffeurs s'impliquent. C'est certain qu'ils vont aviser les gens, mais si ça ne fonctionne pas, ils vont appeler la répartition pour qu'un inspecteur intervienne. »
Alain Gosselin, président du Syndicat des chauffeurs et des employés d’entretien de la STO

«Concrètement, le chauffeur doit faire un rappel à l'ordre lorsque vient le temps de monter à bord, mais l'objectif de la démarche est d'assurer la sécurité et la santé des clients et des employés, alors on ne veut pas que le chauffeur ait une approche qui soit cavalière. Il doit demeurer poli et courtois. Sauf que si un client embarque malgré tout, le chauffeur n'aura pas à intervenir, autrement ce serait contre-productif. Il fait simplement rappel du règlement (il est par exemple possible de le faire avec un message via un système vocal dans l'autobus) et au prochain arrêt, un inspecteur sera appelé pour venir discuter avec le client. Les autres usagers ne seront pas pénalisés, on ne prévoit pas qu'il y aura du retard», ajoute M. Meloche Dorris.

Ce dernier affirme que la STO n'a pas «réinventé la roue» puisque c'est cette même procédure qui est utilisée pour tout incident impliquant un client à bord des autobus. 

Le transporteur public, qui emploie 477 chauffeurs, indique qu'aucun incident majeur ne lui a été signalé depuis deux semaines au sujet du port du masque dans ses véhicules. Seulement quelques appels ont été effectués par les chauffeurs pour faire des rappels à des usagers. 

Rappelons que selon le décret de Québec, les chauffeurs ne sont pas tenus de porter le masque. La décision est à leur discrétion, eux qui sont protégés des gens par un panneau de plexiglas.

«Pas aux chauffeurs de jouer à la police», clame le syndicat

Saluant le fait que l'employeur envoie «un message clair» et semble être derrière ses troupes à ce niveau-là, le président du Syndicat des chauffeurs et des employés d’entretien de la STO, Alain Gosselin, tient à dire que «ce ne sera pas aux chauffeurs de jouer à la police du masque». 

«Pour nous, c'est clair: on ne veut pas que nos chauffeurs s'impliquent. C'est certain qu'ils vont aviser les gens, mais si ça ne fonctionne pas, ils vont appeler la répartition pour qu'un inspecteur intervienne. Est-ce que ça va réellement se passer ainsi? C'est lorsqu'il y aura une altercation qu'on va le voir, mais c'est certain que quelques usagers ne voudront pas se conformer. On va se donner du temps, nous en sommes à la première journée. L'avantage qu'on a, c'est que l'achalandage est encore très bas», note-t-il. 

M. Gosselin espère ne pas voir d'incidents où ça dégénère entre des clients à bord d'autobus, un peu comme la bagarre qui a eu lieu dans un autobus de la Société de transport de Montréal (STM) vendredi. Filmée par des témoins, la scène a rapidement fait le tour du web. 

«Si la réglementation n'avait concerné que le transport en commun, ce ne serait peut-être pas aussi facile à faire passer comme message, sauf que là c'est aussi obligatoire dans les commerces, alors ça facilite les choses», mentionne-t-il.