Le maire de Gatineau et porte-parole francophone de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Maxime Pedneaud-Jobin

Marijuana: «Une occasion ratée»

Le maire de Gatineau et porte-parole francophone de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Maxime Pedneaud-Jobin, s’est montré agacé du fait que les villes ignorent toujours quelle proportion de la taxe d’accise elles recevront sur la vente de marijuana alors qu’il reste moins de sept mois avant la légalisation de la drogue.

« Pour nous, c’est en quelque sorte une occasion ratée. Nous avions une occasion de clarifier les revenus qui iraient aux villes pour couvrir nos coûts. Et j’insiste là-dessus, il n’y a pas d’argent à faire avec les revenus, mais il faut qu’on couvre nos coûts », a expliqué le maire Pedneaud-Jobin.

Les municipalités, qui auraient souhaité être à la table avec les ministres des Finances, lundi, réclament le tiers des recettes des taxes. Elles devront maintenant négocier avec leur gouvernement provincial respectif. L’entente intervenue lundi entre Ottawa et les provinces indique que 75 % des recettes de la taxe d’accise iront aux gouvernements provinciaux. La marijuana sera aussi soumise aux taxes provinciales et à la TVH/TPS.

Les dépenses sont immédiates et importantes pour les municipalités, a fait valoir le maire de Gatineau. Les villes devront acheter de l’équipement pour évaluer l’intoxication d’un individu, les policiers devront être formés, des règlements d’urbanisme devront être révisés en fonction de ce qui sera permis pour la consommation, et à quels endroits. Les villes devront donc commencer à dépenser de l’argent avant même que les revenus sur la taxe d’accise n’entrent dans les coffres puisque la légalisation de la marijuana n’entre qu’en vigueur le 1er juillet 2018.

« Il faut voir à la prévention. La prévention devra commencer le plus rapidement possible et non pas après que tout sera en marche. Ce sont donc des coûts pour les villes », a aussi mentionné M. Pedneaud-Jobin, tout en ajoutant que la légalisation du cannabis entraînera aussi des inspections additionnelles pour les services des incendies.

La FCM a évalué que la mise en œuvre du régime de réglementation du cannabis pourrait toucher jusqu’à 17 services municipaux.

« Ce sont des vraies dépenses, a tonné le maire de Gatineau. Nous, les villes, on a déjà joué dans les films où les autres gouvernements nous donnent des responsabilités sans faire suivre l’argent. Ce n’est pas vrai qu’on va augmenter les taxes municipales pour financer la décision du fédéral de légaliser la marijuana. On doit donc avoir des ressources pour être capables d’absorber les conséquences des actes des autres gouvernements ».

Gatineau devra aussi composer avec les impacts des âges légaux pour consommer du pot en raison de sa proximité avec l’Ontario. Au Québec, l’âge minimum sera de 18 ans tandis qu’il sera de 19 ans de l’autre côté de la rivière des Outaouais.