Le président de la CSN-Outaouais, Michel Quijada.

Mandat de grève à l’Office d’habitation de l’Outaouais

Sans contrat de travail depuis un an, les employés de l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO) ont voté, lundi, à 98% en faveur d’un mandat de grève. Les négociations achoppent essentiellement sur la question salariale, affirme le syndicat.

«Votre colère est tout à fait justifiée», a lancé le président de la CSN-Outaouais, Michel Quijada, mardi, devant quelques dizaines d’employés de l’OHO réunis pour manifester leur mécontentement. «L’employeur a des sous, on le sait, et il doit vous les remettre pour tous les sacrifices que vous avez faits dans le passé, a-t-il ajouté. Vous avez pris du retard dans vos conditions salariales. C’est inacceptable. C’est à son tour de payer.»

Les quelque cinquante travailleurs syndiqués de l’OHO qui oeuvrent tant dans le secteur administratif que dans l’entretien des logements refusent de signer un nouveau contrat de travail dont les augmentations salariales se résumeraient à un montant forfaitaire. Les 14 rondes de négociations depuis mars n’ont pas été suffisantes pour dénouer l’impasse. «Ça fait au moins trois conventions collectives que les gens acceptent des montants forfaitaires avec très peu d’augmentations salariales récurrentes, note le représentant syndical, Denis Savard. C’est ça qui doit cesser parce que ça finit par appauvrir les gens. Ces montants ne permettent pas de suivre l’augmentation du coût de la vie.»

M. Quijada précise que l’OHO doit trouver une façon d’offrir à ses employés des salaires comparables à ce qui est donné dans les autres offices d’habitation du Québec. Selon lui, les salaires de certains types d’emplois sont 4 $ de l’heure inférieurs à ce qui est en vigueur ailleurs en province. 

La porte-parole de l’OHO, Karina Osiecka, soutient toutefois le contraire. «Ce que nous offrons comme salaire actuellement va déjà au-delà de ce que les autres offices d’habitation de la même taille offrent à leurs travailleurs, dit-elle. Les conditions de travail sont par ailleurs essentiellement encadrées par la Société d’habitation du Québec qui reçoit une enveloppe globale du Conseil du Trésor et qui la redistribue à travers les offices d’habitation de la province.»

OHO dit voir le mandat de grève des employés comme un moyen de pression que le syndicat désire mettre de l’avant. «Nous sommes toujours en négociations, ajoute Mme Osiecka. Il y a même une autre rencontre demain (mercredi). Nous continuons de privilégier la voie de la négociation et nous avons bon espoir d’en arriver à une entente.»

Michel Quijada a pour sa part qualifié la rencontre de négociation de mercredi de «rencontre de la dernière chance». Selon lui, l’employeur doit revoir ses offres salariales pour permettre le rattrapage demandé par les syndiqués. «Si ce n’est pas satisfaisant, on rencontrera de nouveau le comité de négociation et on déclenchera la grève au moment jugé opportun», a-t-il affirmé.